Canada : mobilisation sur les changements climatiques

 

Pierre Beaudet

Vendredi le 27 juin, des manifestations ont lieu dans plus de 50 villes canadiennes, dont Toronto (25 000 personnes), Halifax (10 000 personnes) et surtout, Vancouver où 80 000 personnes ont protesté contre le projet de Trans Mountain, maintenant sous la responsabilité du gouvernement fédéral, lequel veut construire de nouveaux pipelines vers les ports de la Colombie-Britannique.  La mobilisation n’a pas atteint les niveaux extraordinaires qu’on a vus au Québec, mais elle représente tout de même un sursaut au niveau des jeunes, ce qui pourrait avoir des impacts sur la scène politique et sociale dans ce pays. Fait à signaler, la manifestation devant le Parlement fédéral à Ottawa a réuni environ 20 000 personnes, dont environ  50% venaient de l’autre côté de la rivière, à Gatineau.

En gros, le ton des manifestations était politique, contre l’inaction du gouvernement canadien et des complicités avec les entreprises pétrolières et minières. Le fait est que le Canada continue d’être le cancre de la classe au niveau des émissions de gaz à effet de serre. En effet, le Canada émet davantage de gaz que l’Indonésie et le Brésil (200 millions d’habitants dans chacun de ces deux pays, et même que l’Angleterre et la France. Per capita, le Canada produit 14.9 millions de dioxyde de carbone, contre 9 millions pour le Japon et 8,9 pour l’Allemagne.

Le mouvement au Canada a été coordonné essentiellement par une coalition étudiante, FridaysForFuture #ClimateStrike, qui coordonné les actions avec l’appui des grandes organisations syndicales, dont le Congrès du travail du Canada.  « Selon le président du CTC Hassan Yussuff, « c’est incroyable de voir des jeunes courageux du monde entier agir pour leur propre avenir. Les syndicats canadiens demandent aux gouvernements de s’engager à lutter contre le changement climatique avec urgence et ambition ». Tout en encourageant les travailleurs à participer aux actions, le CTC ne s’est pas engagé pour organiser la grève autrement que d’encourager ses affiliés à être actif dans les mouvements locaux. Le Conseil du travail de Toronto, qui regroupe les syndicats affiliés au CTC dans la grande région métropolitaine, a été parmi les actifs, d’où la mobilisation de syndicats comme le Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes (STTP) et le Syndicat canadien de la fonction politique (SCFP). À Toronto, sous la pression des enseignants, plusieurs écoles ont accepté de faciliter la participation des étudiants en suspendant pour la journée les examens prévus.   En Colombie-Britannique, le principal syndicat enseignant (BC Federation of Teachers), a activement aidé les étudiants (School Strike for Climate) à participer à la grève.

 

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