Mali : la colère

Jacques Deveaux@GeopolisAfrique 11/01/2018

 

Le gouvernement canadien s’apprête à déployer des hélicoptères et 200 militaires au Mali dans le cadre d’une Mission des États-Unis (MINUSMA) qui compte 12 000 soldats sur le terrain. Cette mission fait suite à plusieurs interventions militaires de la France depuis le début de la décennie. Par ailleurs, les investissements canadiens au Mali sont importants, plus d’un milliard de dollars (2014), notamment de la multinationale IAMGOLD, basée à Toronto.

 

Une manifestation de jeunes Maliens a été dispersée par la police à Bamako le 10 janvier 2018. Un groupe de nationalistes entendait protester contre la présence et la partialité de la France au Mali. Il faut dire que cinq ans après le début de l’opération Serval, devenue depuis Barkane, la situation est loin d’être normalisée.

Il y a cinq ans, la France intervenait au Mali pour bloquer l’offensive des djihadistes. Depuis, la situation est figée. Débarrassé du pouvoir islamiste, le pays reste néanmoins sous la menace des islamistes qui multiplient les coups de main. Le parti d’opposition Parena prétend même que l’année 2017 a été la plus meurtrière pour le pays. Pour le journal l’Opinion«la guerre au Mali, c’est deux morts par jour».
Aux yeux de la France, la création du groupe dit du G5-Sahel en mai 2017 devait régler le problème. Mais sa montée en puissance se fait lentement, faute d’un financement à la mesure de la tâche. Les Etats-Unis bloquent une contribution onusienne (tout en donnant 51 millions d’euros), et Paris n’a pu obtenir que le soutien de l’Union européenne. Désormais, c’est vers Pékin que se tourne Emmanuel Macron pour trouver une aide financière.
L’autre problématique repose sur la menace de partition du Mali. Le pouvoir central ne contrôle plus le nord et le centre du pays, livrés aux groupes armés. L’accord de paix signé en 2015 avec différents mouvements touaregs tarde à s’appliquer. Mais le pouvoir de Bamako compte aussi des alliés au sein des factions qui régulièrement veulent mettre la région Nord sous leur coupe.
A l’occasion de l’anniversaire de l’intervention française, plusieurs associations de jeunes ont appelé à manifester à Bamako le 10 janvier 2018. Une centaine de personnes qui ont été dispersés par la police à l’approche de l’ambassade de France. Des jeunes nationalistes voient dans l’intervention de la France une atteinte à la souveraineté du Mali. Surtout Paris est accusé de cantonner les troupes maliennes dans leurs casernes, afin de les empêcher d’attaquer les Touaregs. «Que la France arrête de favoriser ou protéger un groupe armé au détriment d’un autre», réclame le mouvement On a tout compris.

 

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