Duncan Cameron, Rabble, 5 juin 2018

Après 500 jours en tant que président des États-Unis, Donald Trump monte en flèche, bénéficiant d’une cote de popularité de 87 % des 26 % des citoyens américains qui se déclarent comme républicains. C’est un soutien plus fort que pour tout autre président américain depuis la Seconde Guerre mondiale, à part George W. Bush après le 11 septembre 2001.

La « rationalité » de Trump

Bien qu’il soit facile pour les Canadiens de penser que Trump est inapte et incompétent, c’est une erreur de la part du gouvernement Trudeau d’ignorer la façon dont il continue à accomplir ses promesses électorales. Qu’il se retire des accords de Paris et d’Iran, déplace l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, expulse des immigrants, ou donne aux entreprises américaines qui investissent aux États-Unis un dollar pour chaque dollar investi, Trump va de l’avant dans son agenda partisan.

Une cible qui s’appelle la Chine

Donald Trump a été élu promettant de régler le compte de la Chine et d’autres partenaires commerciaux américains (y compris le Canada et le Mexique, ses partenaires de l’ALENA), qui disait-il « volent » des emplois américains. Trump et son équipe « America First », du secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, en passant par le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, jusqu’au directeur du Conseil national du commerce de la Maison-Blanche, Peter Navarro (auteur de Death by China ) sont passés à l’offensive en brandissant des tarifs de 25 % à appliquer à une longue liste d’exportations chinoises vers les États-Unis. Au lieu d’encercler la Chine avec le Partenariat Trans-Pacifique comme le voulait Obama, les Républicains ont décidé de forcer leurs principaux partenaires commerciaux à former une alliance anti-Chine, en imposant au Canada et à d’autres producteurs des droits sur les importations d’acier et de sur l’aluminium.

Punir le Canada s’il ne se conforme pas à la stratégie de Washington

Pendant que le gouvernement Trudeau qualifie ces mesures de délirantes, elles sont dans l’esprit de Trump totalement rationnelles, car elles visent à assurer une large « coopération » des partenaires commerciaux des États-Unis, en créant une atmosphère de peur quant à ce que les États-Unis pourraient faire, si le Canada et les autres partenaires commerciaux osaient ne pas se ranger derrière les États-Unis.

En apparence, le Canada, avec 26% du marché d’importation des États-Unis pour l’acier et l’aluminium, devrait, en tant que partenaire de l’ALENA, être exempté des droits de douane. Mais ceux-ci, en réalité font partie d’une stratégie commerciale américaine plus large qui crée des tensions avec la Chine.

Pour que les tarifs de l’acier et de l’aluminium soient supprimés, les États-Unis veulent s’assurer que les exportations chinoises n’arrivent pas aux États-Unis par l’intermédiaire de pays tiers. Le Canada a embauché 40 nouveaux agents et introduit de nouvelles restrictions sur les importations pour répondre à cette préoccupation des États-Unis.  Néanmoins, la principale demande des États-Unis est que le Canada et d’autres pays se joignent à la croisade pour punir la Chine. Pour être certains que le message passe, les États-Unis sont prêts à imposer un droit de 25 % sur les automobiles fabriquées au Canada, généralement par des entreprises américaines qui emploient plus de 140 000 personnes. La situation pourrait changer si en retour, le Canada imposait le même 25 % aux importations chinoises.

Pendant des années, on nous a fait croire que les Canadiens bénéficiaient du libre-échange avec les États-Unis grâce à l’accord commercial bilatéral Canada-États-Unis de 1988 et à son successeur, l’ALENA. Pourtant, ces deux accords prévoyaient l’application intégrale du droit commercial protectionniste américain au commerce transfrontalier. Selon ce droit, les mesures prises par les États-Unis sont tout à fait conformes à la façon dont les autorités américaines ont historiquement exercé leur domination sur les autres pays.

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