ALÉNA 2.0 : toujours plus loin dans l’impasse néolibérale

Au moment d’écrire ces lignes [1], les équipes ministérielles et politiques des trois gouvernements nord-américains sont toujours à l’œuvre dans les négociations en vue du renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Y parviendront-ils ? Comme beaucoup reste à faire, Donald Trump appelle à une entente de principe, qui laisserait ensuite les équipes finaliser les discussions. La question du secteur automobile est une clé importante dans la réussite ou non des négociations. Or, même s’il y a une entente, tout pourrait dérailler !

Il semble que l’équipe américaine a retiré ses demandes sur la composition des automobiles, au bénéfice de proposer une entente sur les salaires, obligeant à payer 15 $ l’heure minimum dans les trois pays dans ce secteur. Dans une déclaration pour réagir à l’accélération des discussions, la société civile mexicaine, regroupée dans la coalition Mexico mejor sin TLC (MMSTLC), considère les promesses d’augmentation des salaires comme une sorte de poudre aux yeux. Si elles sont bienvenues, elles concernent un secteur « mondialisé » qui représente moins de 1 % de la force de travail du Mexique. Toutefois, la résistance à cette hausse viendrait de l’interne du Mexique, alors que le gouvernement de Nieto hésite à les accepter pour ne pas indisposer son patronat et créer de précédent!

Ce qui toutefois pourrait faire dérailler l’entente, même s’il y en a une, est l’élection de Andrés Manuel López Obrador (AMLO), candidat de gauche aux élections mexicaines. Tous les sondages au Mexique annoncent annonce la défaite du gouvernement Nieto et l’élection du candidat de la gauche. Or, l’actuel blitz de négociations est vu par la coalition comme un effort de Trump pour obtenir une « capitulation totale du Mexique dans la renégociation de l’ALÉNA ». Le gouvernement mexicain serait prêt à tout « pour apaiser Trump » selon la coalition, notamment sur les migrants. Non seulement Donald Trump exige du gouvernement de stopper l’entrée des personnes migrantes aux États-Unis, mais aussi pour « obtenir des renseignements sur les populations d’Amérique centrale qui traversent le Mexique » selon la coalition.

Enfin, il n’y aura pas d’entente progressiste. Dans le cas d’une conclusion sous peu, le gouvernement Trudeau se félicitera d’avoir conjuré la catastrophe annoncée en août dernier, il aura toutefois du mal à justifier le caractère progressiste d’une éventuelle entente. Des pressions énormes se font sentir pour conserver le chapitre 11. Aussi, étant donné le maintien de la règle de proportionnalité, l’émission de gaz à effet de serre serait 12 fois plus élevée en 2050 que les cibles actuellement prévues par le Canada, selon une étude récente. À suivre…

[1] Ronald était à la coordination du Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) et continue d’y représenter ATTAC-Québec. Il est membre de Plateforme altermondialiste.

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