Haiti : Port-au-Prince, ville presque morte  

Robertson Alphonse,   Le Nouvelliste, 11 juin 2019

 

 

Mardi, quarante huit après les manifestations de dizaines de milliers de personnes à travers le pays pour exiger la démission du président Jovenel Moïse, le grand commerce, la majorité des écoles n’ont pas fonctionné à Port-au-Prince et dans d’autres villes de la zone métropolitaine. En plusieurs points du territoire, au Champs de mars, dans les parages du palais national, à St Marc, dans l’Artibonite, des manifestations improvisées ont été dispersées par la police.

Sur la route nationale numéro, à hauteur d’Arcahaie et de Carabet, des tirs ont été signalés. La police est intervenue pour ouvrir la route à la circulation. Entre-temps, le journal a appris que des partis politiques en conclave, planchent sur une proposition de transition. Plusieurs sources contactées ont indiqué que le Forum économique du secteur privé est également en discussion avec d’autres acteurs sur la conjoncture.

Aujourd’hui, le Forum a rencontré des représentants de Nou Pap Domi. Demain, ce sera les syndicats avant d’autres acteurs concernés par la situation. L’objectif est d’avoir une masse critique de personnes et un plan pour changer le système, a confié une source proche du Forum économique du secteur privé qui n’est pas surpris par le silence du président Jovenel Moïse.

Sans détour, le sénateur de l’Ouest, Patrice Dumont, a appelé le président Moïse à démissionner et à s’éviter un sort à la Vilbrun Guillaume Sam, président haïtien tué en juillet 1915 par une population en colère ayant attaqué le palais national après le massacre perpétré à la prison de la capitale aux ordres du président.

Le président Jovenel Moïse n’a pas réagi aux appels à la démission. Il s’est enmuré dans le silence. La seule communication du président Moïse sont deux messages postés sur Twitter pour condamner avec véhémence l’assassinat du journaliste Rospide Pétion de RSF et l’attaque contre Radio Télé Ginen. C’est « un acte odieux », a écrit Jovenel Moïse qui a présenté ses condoléances à la famille du journaliste et à ses collaborateurs. Il n’a rien pipé sur les appels à la démission formulés par les petrochallengers, l’opposition, les cultes religieux et le secteur privé des affaires.

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