L’aide publique au développement : le grand détournement

Jérôme Duval, Bastamag, 7 juin 2018

L’aide publique au développement (APD) est l’ensemble des dons et prêts accordés par des organismes publics de pays parmi les plus riches de la planète à des pays parmi les plus pauvres. Cette aide a atteint 146,6 milliards de dollars en 2017.

De plus en plus, l’APD est utilisée à d’autres fonctions que celle de la lutte contre la pauvreté et d’aide à l’essor économique et social dans les pays les moins développés. Déjà, sont comptabilisées certaines dépenses consacrées aux réfugiés pendant la première année qui suit leur arrivée : transferts, centres d’accueil, hébergements d’urgence, services d’accompagnement social, nourriture et formation… Ces sommes, dépensées dans les pays donateurs et non dans les pays dit « en voie de développement » ont enregistré une hausse de 27,5 % entre 2015 et 2016 pour atteindre le montant de 15,4 milliards de dollars. Soit plus de 10 % de l’APD totale en 2016, contre 2 % seulement en 2008.

Un récent rapport de l’ONG Action santé mondiale détaille l’ampleur du phénomène. En mai et juin 2017, l’ONG s’est rendue au Sénégal et au Niger afin d’examiner la mise en œuvre du Fonds fiduciaire pour l’Afrique. Les conclusions de son rapport sont sans équivoque : l’ONG considère que « l’approche du fonds est inefficace d’un point de vue politique et de développement ».

Malheureusement, la grande majorité de ces projets criminalise les migrants, considérés comme un problème qu’il faut d’urgence évacuer par tous les moyens. L’obsession sécuritaire de l’UE qui caractérise ses politiques anti-migratoires l’amène à verser des millions d’euros aux pays tiers pour leur imposer des politiques de restriction migratoires comme prioritaires alors que les populations concernées sont les plus dans le besoin. En outre, ces projets offrent une reconnaissance et une légitimité internationale à des régimes autoritaires qui oppriment leurs peuples comme l’Érythrée, l’Éthiopie ou le Soudan.

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