Le Canada, un faux ami de la Palestine

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Israeli Prime Minister Benyamin Netanyahou shakes hands with Canadian Prime Minister Justin Trudeau before a bi-lateral meeting at the United Nations climate change summit Monday, November 30, 2015 in Le Bourget, France. THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

Karen Rodman, extraits d’un article paru dans Canadian Dimension, 29 novembre 2020

À la fin de novembre, le Canada a  voté en faveur d’une résolution des Nations Unies en faveur de l’autodétermination des Palestiniens. À première vue, cela peut sembler encourageant. Le Canada vote généralement aux côtés d’Israël sur de telles résolutions.

La résolution,  adoptée par 163 voix contre 5, avec 10 abstentions, souligne «le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, y compris le droit à son État indépendant ». Elle souligne également «l’urgence de parvenir sans délai à la fin de l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 et à un règlement de paix juste, durable et global entre les parties palestinienne et israélienne», basé sur une solution à deux États.

Depuis 1969, le Canada votait contre les résolutions  appuyant la création d’un État palestinien.

Après juin 1967, lorsque la résolution 242 du Conseil de sécurité a déclaré «l’inadmissibilité d’acquérir des terres par le recours à la force» au lendemain de la guerre des Six jours, le Canada a voté systématiquement pendant des décennies contre les résolutions de l’ONU soutenant les droits des Palestiniens.

Le vote récent a donc été considéré par plusieurs comme une maneouvre pour inciter les États membres de l’ONU à voter en faveur de la candidature du Canada pour un siège très convoité au Conseil de sécurité. En raison d’une confluence de facteurs – y compris potentiellement le soutien de Trudeau aux  dirigeants latino-américains non élus, notre rôle dans l’ armement de la machine de guerre saoudienne et le refus d’ Ottawa de  signer le Traité d’interdiction nucléaire des Nations Unies -, le Canada n’a pas été élu.

Depuis leur élection il y a cinq ans, les libéraux de Trudeau n’ont pas dévié de l’approche conservatrice de Harper consistant à voter contre la plupart des résolutions sur la Palestine, à l’exception récente des votes en 2019 et en 2020. Malgré ces changements, le Canada n’est pas perçu comme un ami de la Palestine. Ce qui a été démontré par la nomination par le premier ministre d’Irwin Cotler à titre d’envoyé spécial du Canada pour la préservation du souvenir de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme.

Cotler est décrit comme un apologiste du régime brutal d’apartheid d’Israël. En 2000, lorsque le Canada a voté en faveur d’une résolution de l’ONU appelant Israël à respecter les droits des manifestants palestiniens, Cotler a attaqué le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Lloyd Axworthy, ainsi que son propre parti en qualifiant la résolution de « discriminatoire ».

Cotler a fait ses preuves en critiquant agressivement les États «ennemis» tout en ignorant largement les violations des droits commises par le Canada et les États-Unis. Il a également siégé au conseil consultatif de United Against Nuclear Iran, une organisation de lobbying néo-conservatrice qui a  fait campagne contre l’accord nucléaire avec l’Iran.

Selon  Independent Jewish Voices Canada:

EN NOMMANT IRWIN COTLER À CE POSTE, LE GOUVERNEMENT CANADIEN S’ALIGNE DAVANTAGE SUR LA DÉFINITION TRÈS CONTROVERSÉE DE L’ANTISÉMITISME DE L’IHRA, QUI EST UTILISÉE COMME ARME POUR DÉPEINDRE LES PARTISANS DES DROITS HUMAINS PALESTINIENS COMME ANTISÉMITES ET POUR PROTÉGER ISRAËL CONTRE LES CRITIQUES LÉGITIMES. MALHEUREUSEMENT, LA DÉFINITION DE L’IHRA A DÉJÀ UNE LONGUE EXPÉRIENCE DANS LA SUPPRESSION DES VOIX PALESTINIENNES ET DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS PALESTINIENS DANS LE MONDE.