Le G7 à Buenos Aires : big business, misère et répression

Carlos A. Villalba, ALAI, 27 bnovembre 2018

Les chiffres écrasent, les noms impressionnent, le déploiement d’étourdissements de sécurité, en plus de la réduction de la souveraineté. Cependant, la réunion du G20 à Buenos Aires se déroulera sans douleur, gloire ni effet concret pour le pays, le Mercosur et la région de l’Amérique latine et des Caraïbes. Encore moins pour leur peuple, à l’exception de l’Argentine qui, en plus de faire face aux dépenses du sommet avec ses contributions fiscales, sera à la merci d’une troupe d’occupation, d’espionnage et de répression dans son propre pays, dont les compétences seront prêtes à être utilisées son contre dans les mois-durs d’ajustement économique suffocant arrangé par le gouvernement hôte.
Les économies des pays membres du Groupe représentent 85% de la richesse générée chaque année dans le monde, 80% des investissements internationaux et 75% du commerce mondial, sans compter 75% des émissions de gaz à effet de serre (GES). C’est le portrait d’une planète inégale, dans laquelle les 180 pays qui  partagent la pénurie, avec 1% de la population possédant plus de biens que les 99% restants.

Lorsque l’Amérique latine essayait de tenir tête
Les politiques internes des principales puissances sud-américaines se sont exprimées avec énergie lors des réunions du G20 dès leur naissance en 2008. Dans le cas de l’Argentine, la présidente Cristina Kirchner a participé à huit des dix rencontres. Loin d’être une simple fugurante pour compléter la photo de famille, elle est devenue l’une des voix du rejet du capitalisme financier. L’Argentine a fait valoir que la solution aux problèmes sociaux découlant de la contraction économique « ne serait pas trouvée par l’expulsion des immigrants, mais par leur inclusion et la génération de processus de croissance et d’emplois décents ».
Lors d’un somemt du G7 ultérieur, les puissances capitalistes ont rencontré l’opposition farouche du président brésilien de l’époque, Lula da Silva. Il avait réussi à faire en sorte que l’OIT soit incluse dans les délibérations du G20, dans l’intention de faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses organisés.
À Séoul, en novembre 2010, l’Argentine a joué son rôle le plus important en exigeant la fermeture des « paradis fiscaux », donnant une visibilité mondiale à la distorsion criminelle qui génère un tiers de la richesse privée, dans de nombreux cas d’origine opaque quand elle n’est pas criminelle.
Au cours des derniers sommets, l’Argentine a condamné le protectionnisme exercé par les pays développés, en particulier dans le secteur agricole pour réclamer des mécanismes justes, équitables, juridiques et durables pour la résolution ordonnée des restructurations de dette souveraine « .

Parallèlement, l’Argentine, le Brésil et plusieurs autres pays, en accord avec les intérêts de leurs peuples et de leurs pays, ont dynamisé les efforts d’intégration régionale tels le Mercosur et l’UNASUR (Union des nations de l’Amérique du Sud).

Or aujourd’hui, les changements survenus en Argentine avec la défaite électorale du péronisme-kirchnerisme en 2015 et au Brésil avec le limogeage illégal de la présidente Dilma Rousseff et l’interdiction légale de Lula da Silva, suivis de l’intronisation de Jair Bolsonaro, visent à renoncer à cet héritage. Le président argentin Mauricio Macri, par exemple, boycotte les instances politiques et économiques d’intégration régionale comme le Mercosur et Unasur. Les autorités argentines et brésiliennes s’éloignent des accords régionaux pour accepter sans vergogne les politiques et les stratégies de Washington, de la Banque mondiale, du FMI et même du Southern Command des États-Unis. Ce réalignement implique l’abandon de positions autonomes, nationales, solidaires, productivistes et distributionnistes, ce qui améliorait la qualité de vie des majorités de chacune de ces nations.

Un monde
Déjà installé à la Maison Blanche, Donald Trump a dépoussiéré les conceptions anciennes, erronées et racistes du monde, a mis dans son assemblage conceptuel le « choc des civilisations » entre « Occidentaux » et « extrémistes violents et hordes barbares » qui met de l’avant  la « guerre inévitable », dans laquelle la Chine et la Russie sont définiescomme des « ennemis stratégiques ». L’Argentine, par exemple a réduit de 76% les dépenses d’infrastructures et de matériel scolaire. La sous-alimentation  est passée de 3,4% (1,5 million de personnes) au cours de la période 2013-2015 à 8,7% (3,8 millions) au cours des deux premières années de l’administration Macri. On recense présentement 45,7% des cas de malnutrition chez les filles et les garçons de 6 à 10 ans dans la province du Grand Buenos Aires.

La rue

Dès le jour même de sa mise en place du macro-gouvernement, les mouvements socio-politiques, construits pour défendre les secteurs les plus vulnérables de la communauté, l’empêchaient de simuler devant la communauté internationale le fait qu’elle avait un consensus majoritaire pour appliquer les politiques qui en faisaient la force. gestion qui a causé plus de dégâts en moins de temps dans l’histoire constitutionnelle du pays. La rue, scène historique des luttes populaires anti-impérialistes et des entreprises économiques et de leurs patrons, a encore et encore effondré les châteaux de sable qui ont mis fin à la spéculation financière, à la livraison non réglementée de biens partagés transformés en « ressources extractibles » et l’alignement illimité du gouvernement des États-Unis et de ses mécanismes de contrôle intégral de ses zones d’influence.  Le PIB a chuté de 2,6% en 2018.

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