Le sommet de Singapore : l’autre côté du miroir

BRANKO MARCETIC, Extraits d’un article publié par Jacobin, 15 juin 2018

Mardi, alors que Donald Trump et Kim Jong-un se sont serrés la main pour leur sommet tant attendu à Singapour, un journaliste coréen a observé un épisode curieux. Les Coréens qui regardaient la scène se dérouler sur un écran de télévision à une gare de Séoul ont commencé à applaudir. Pendant ce temps, certains touristes occidentaux voisins, perturbés par ce développement, se grattaient la tête dans la confusion.

« Je suis vraiment déconcerté de les voir applaudir « , a déclaré un touriste britannique.

Il n’y a peut-être pas de meilleur symbole du fossé dans les réactions mondiales au sommet que cet épisode. Alors que les Sud-Coréens ont prudemment célébré une étape historique dans le dégel des hostilités qui les ont menés pendant près de soixante-dix ans, les médias occidentaux semblaient regarder cette situation avec inquiétude, voire colère.

L’hostilité au sommet, qui vient en grande partie des démocrates et des libéraux, a été un élément essentiel de la couverture médiatique dans les mois qui ont précédé.

La signature de la déclaration commune a été accueillie avec moquerie et scepticisme des observateurs occidentaux.  Trump aurait « légitimé » Kim ; Il aurait trop donné avec peu en retour. Et ainsi de suite

La plupart des critiques ont porté sur le fait que Trump a proposé de suspendre les manoeuvres militaires conjointes de guerre américaines et sud-coréennes – apparemment sans en informer les Sud-Coréens. 

 Rachel Maddow, par exemple, relie le sommet de Singapore à la Russie, expliquant que le plan de retrait des troupes de Trump est en réalité un dangereux cadeau à Poutine.  

Dans le  Guardian,  Jonathan Freedland affirme que la décalration marque « une percée historique – pour la dynastie Kim ». 

Pourquoi cette différence marquée? D’une part, la couverture médiatique dans les médias non occidentaux tend à se centrer sur Moon, qui a été le véritable moteur des pourparlers. Les médias occidentaux, au contraire, sont obsédés par Trump. 

 

 

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