Liban : les Libanais de Montréal manifestent « pour revenir un jour »

On ne peut pas se sentir Libanais sans être solidaire des Libanais qui vivent au Liban et qui sont dans la rue aujourd’hui ».

Nour AWAISS  Orient Le Jour, 19/10/2019

Près de 450 Libanais vivant à Montréal ont organisé, vendredi, un rassemblement en solidarité avec les manifestants libanais qui investissent les rues du pays du Cèdre depuis jeudi soir pour protester contre la classe politique et la crise économique.

« Révolution », ou « Il n’est pas question de WhatsApp », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants qui ont entonné l’hymne national libanais et crié « Le peuple veut la chute du régime ».

« Je vis au Canada depuis 30 ans, mais mon cœur est au Liban. En étant là aujourd’hui, je me sens plus proche des Libanais (qui sont restés au Liban) », dit Aref Salem, conseiller pour la ville de Montréal. « Je suis née au Canada, nos parents ont immigré pour nous. Comment ne pas manifester aujourd’hui? Pour eux, pour nous, pour revenir un jour au Liban », affirme Jenny, étudiante à Ottawa. « On ne peut pas se sentir Libanais sans être solidaire des Libanais qui vivent au Liban et qui sont dans la rue aujourd’hui », renchérit une autre étudiante, Sarah Belle.

Lamia Charlebois, fondatrice du groupe Libanais de Montréal-Sirop d’arabe, affirme pour sa part avoir « beaucoup hésité à venir manifester aujourd’hui ». « On appelle à la chute du gouvernement. D’accord, mais après ?, demande-t-elle. Je suis inquiète pour l’avenir… mais solidaire ».

Des rassemblements similaires sont prévus ce weekend dans plusieurs villes européennes et américaines notamment Paris, Londres, Berlin, Bruxelles, Milan, Washington, Los Angeles et San Francisco.

Des milliers de Libanais manifestent depuis trois jours consécutifs, à travers tout le pays, contre les responsables politiques et la crise économique. Certains réclament la démission du gouvernement, voire celle du chef de l’État Michel Aoun. Le Premier ministre, Saad Hariri, a annoncé hier qu’il donnait à ses partenaires politiques un délai de 72h, assorti d’une menace à peine voilée d’une éventuelle démission, pour modifier les comportements politiques à l’origine des multiples blocages empêchant la mise en place des réformes inhérentes aux promesses d’aides internationales au Liban.

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