Mexique : les Zapatistes persistent et signent

Gilberto López et Rivas, La Jornada, 19 octobre 2018

La deuxième Assemblée nationale du Congrès national des peuples autochtones de l’Armée zapatiste de libération nationale, a eu lieu du 11 au 14 octobre à Cideci-Unitierra, à San Cristobal de las Casas, au Chiapas. L’extraordinaire capacité organisationnelle des Zapatistes s’est traduite par la cohérence et la conscience politique des délégués et des conseillers, en phase avec un mouvement caractérisé par son anticapitalisme. Également, le mouvement continue de renforcer les autonomies déployées comme un instrument précieux de lutte contre la recolonisation des corporations capitalistes et des groupes répressifs légaux et clandestins de l’État.

La deuxième Assemblée nationale a ratifié un sujet politique qui ne peut être rendu invisible par le racisme de la classe politique « et qui se définit comme un peuple autochtone qui, dans la lutte contre la maladie profonde causée par le capitalisme, tisse la vie et développe l’encomienda que nous avons reçu de nos ancêtres … Ce que nous tissons est ce que nous appelons organisation, et c’est le territoire que nous défendons, c’est la langue que nous parlons et que nous refusons de perdre, c’est l’identité que nous n’oublions pas et que nous magnifions avec lutte.

La Deuxième Assemblée nationale a fait de l’autonomie l’unique porte permettant de continuer à faire de la vie notre voie inébranlable. La manière dont le processus autonome a été assumé par les Zapatistes est extraordinaire.

Le positionnement politique zapatistes vis-à-vis du nouveau gouvernement est clair et sans ambiguïté: Les mots ne manquent pas lorsque les peuples Binniza, Chontal, Ikoots, Mixe, Zoque, Nahua et Popoluca de l’Isthme de Tehuantepec sont menacés par leurs projets transisthmiens et par l’expansion des zones économiques spéciales. Les mots abondent avant l’ensemencement annoncé d’un million d’hectares d’arbres fruitiers et de bois d’œuvre dans le sud du pays, avant la consultation illégale et truquée pour la construction du nouvel aéroport de Mexico, ou l’offre aux entreprises de continuer à investir dans les sociétés minières qui ont de grandes concessions de territoires autochtones. Les mots abondent lorsque, sans consulter nos peuples, le futur gouvernement impose la création de l’Institut national des peuples autochtones. Les mots abondent quand on voit le cynisme avec lequel les peuples du Mexique sont livrés aux intérêts des États-Unis dans le cadre de l’Accord de libre-échange, que promet de ratifier le futur gouvernement de López Obrador, qui, par ailleurs, dans l’un de ses premiers discours, n’a pas hésité à confirmer la continuité de la politique monétaire et fiscale actuelle.

Les Zapatistes s’engagent à construire « l’organisation qui devient un gouvernement autonome, autonome et rebelle, avec des camarades et des collègues d’autres régions géographiques … jusqu’à ce que notre tissu rejoigne les autres, qui poussent aux quatre coins du monde et du Mexique. »

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