Veillée d’armes au Brésil : « Notre désobéissance est pacifique »

 

Carol Scorce, Carta Capital, 6 avril 2018

Des politiciens et leaders de mouvements sociaux sont réunis ce vendredi après-midi au siège du syndicat des métallurgistes de la fameuse région de l’ABC, à São Bernardo, dans la périphérie de Sao Paulo. Ils sont venus pour apporter leur solidarité à l’ancien président Lula. Beaucoup d’entre eux défendent l’idée d’une résistance à l’arrestation imminente de Lula. Autour, plusieurs milliers de personnes sont dans les rues avoisinantes. En principe, Lula devait se rendre à la police avant 17h00, mais pour le moment, il reste avec ces camarades.

Maria do Rosário (Parti des travailleurs) dit que la résistance est un acte de désobéissance civile, mais la manifestation des personnes présentes est pacifique. « Il est juste que les gens ici ne veulent pas l’arrestation de quelqu’un qu’ils considèrent comme innocent. »

Le sénateur Lindbergh Farias a souligné que l’ancien président ne veut pas se rendre. « La tendance est que Lula ne parte pas ici », a-t-il dit. « S’ils veulent l’arrêter, ils doivent venir ici, envahir le syndicat des métallurgistes pour la deuxième fois dans l’histoire du pays.

Pour le député Orlando Silva (Parti communiste), Lula doit résister. « Le moment est propice pour que la gauche dialogue avec des secteurs plus larges ».

Guilherme Boulos, coordonnateur du Mouvement des sans-abri. rappelle l’importance symbolique de la veillée à São Bernardo. « Il y a 40 ans, ce syndicat a été le théâtre de la résistance ». L’armée et la police encerclaient le siège du syndicat pour emprisonner Lula (alors ouvrier et syndicaliste) et attaquer le droit de grève. « Aujourd’hui, c’est à nouveau la scène de la résistance démocratique dans le pays. Lorsque la justice prétend faire de la politique, c’est une menace pour l’ensemble du Brésil ».

 

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