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Le Collectif La Grande transition invite toutes les personnes qui souhaitent bâtir un monde sans hiérarchisation au sein du vivant, un monde de justice sociale et environnementale, féministe, antiraciste et décolonial, à proposer des activités pour l’édition de 2027 de son colloque international. La Grande transition offre quatre journées de rencontres et d’échanges réunissant des membres de communautés de recherche et d’organisations militantes, communautaires, culturelles, syndicales et politiques du Québec, des communautés autochtones, de diverses provinces canadiennes et de plusieurs pays.
L’histoire s’accélère. Les avancées arrachées par les luttes passées fondent comme neige au soleil. Comme plusieurs, la sidération nous gagne parfois devant l’ampleur du désastre et des souffrances en cours. Les feux de forêt, les sécheresAses et les inondations se multiplient. Les inégalités se creusent. La droite autoritaire et l’extrême droite sont aux commandes de nombreux États, détournant l’attention des causes des diverses crises en désignant des boucs émissaires : personnes racisées, migrant·e·s, membres de la communauté 2ELGBTQIA+, gauche, wokes, féministes intersectionnelles… Les gouvernements israélien et trumpiste, leurs alliés et les États complaisants envers le génocide et l’écocide en cours en Palestine ouvrent la voie à la remilitarisation de l’Occident et à la banalisation des conflits armés et des génocides dans le monde.
Ces attaques visent les peuples en terres colonisées, les personnes appauvries et précarisées, les femmes, les personnes racisées, les travailleuses et les travailleurs exploité·e·s. C’est pourquoi des espaces de convergence comme La Grande transition deviennent indispensables : pour s’organiser et pour riposter ensemble.
Comment construire une transition écologique, économique et politique qui rompt radicalement avec les formes imbriquées d’oppression et de domination ? Et comment casser la fulgurante montée de l’extrême droite en organisant cette transition dans une perspective féministe, antifasciste et antimilitariste ?
Le capitalisme ne peut se reproduire sans s’emparer des milieux vivants : il vit de ce qu’il consomme et consomme plus qu’il ne fait vivre. Il n’est pas seulement un système économique ; c’est une manière d’organiser les relations entre les humains et le reste du vivant. Face à l’horizon mortifère qui se dessine, nous proposons pour 2027 un fil conducteur : faire monde avec le vivant. Tourner notre regard vers cette puissance qui traverse les territoires, les peuples, les espèces et les écosystèmes, et qui persiste malgré les logiques du capital.
Parler du vivant plutôt que de la nature n’est pas un effet de mode. La « nature » est souvent pensée comme un décor extérieur ou une réserve de ressources à exploiter ; le vivant, lui, replace les humains dans une interdépendance avec les écosystèmes et les territoires, et déjoue la dichotomie entre nature et culture. Cette notion insiste sur les relations, les connexions et la fragilité des milieux que nous habitons. Elle relie la crise écologique à nos existences concrètes, à nos corps, à nos manières d’habiter le monde, qui consistent le plus souvent à l’écraser.
Placer le vivant au centre de La Grande transition, c’est reconnaître que la crise actuelle est autant une crise des relations qu’une crise des institutions : une rupture de nos liens avec la Terre, avec les multiples formes de vie qui composent le monde, et avec les autres.
Vouloir préserver le vivant, c’est vouloir préserver ce qui fait la beauté de la vie sur terre, ce qu’on ne retrouvera pas en créant des villes privatisées ou en changeant de planète. C’est cesser de croire que les ressources naturelles sont infinies et qu’on peut les exploiter jusqu’à l’os ; tout comme c’est cesser de croire qu’on peut continuer d’exploiter le travail d’autrui. C’est cesser de hiérarchiser les éléments des écosystèmes. C’est mettre à nu les cosmogonies sur lesquelles repose notre ordre social, ou du moins celui qui est issu du mythe colonialiste et raciste de la « Découverte », et qui n’engendre qu’exploitation et prédation.
Penser le vivant rejoint ainsi directement les luttes décoloniales, féministes et anticapitalistes. La domination des femmes et l’exploitation du vivant procèdent d’une même logique, celle qui a transformé la Terre en ressource et les corps en objets à contrôler. Faire monde avec le vivant, c’est remettre en cause les rapports de pouvoir qui ont subordonné les femmes et la nature.
Le monde brûle, mais des expériences préfigurent déjà le monde à bâtir. Faire monde avec le vivant, c’est reconnaître la richesse de ces expériences et y puiser l’énergie créatrice des grandes mobilisations. Nous vous attendons à Tiohtià:ke/Montréal en mai 2027.








