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Hugo Sanhueza-Martinez, correspondant
Quelques mois après la victoire de Zohran Mamdani à New York, un autre visage de la gauche crée la surprise dans une grande métropole. À Berlin, Elif Eralp, tête d’affiche du parti Die Linke (La Gauche), vient de remporter les élections régionales de la ville-État avec 25,1 % des voix. Le parti a plus que doublé son score de 2023. Dans une Allemagne aux prises avec la progression rapide de l’AfD, cette victoire nourrit l’espoir d’une gauche capable de renouer avec la victoire électorale et de mener des combats politiques autour d’enjeux concrets.
Une gauche qui parle du quotidien
Elif Eralp, que certains médias surnomment «la Mamdani berlinoise» a fait de l’abordabilité le cœur de sa campagne électorale. À Berlin comme à New York, la gauche a choisi de présenter des propositions crédibles et audacieuses qui rejoignent les préoccupations les plus concrètes de la population sur le coût de la vie, la redistribution des richesses, les services publics et surtout le logement.
Tout comme Mandani qui voulait geler les loyers pendant quatre ans des parcs immobiliers publics, Die Linke propose de limiter les augmentations de loyer à 1 % pour les sociétés publiques, d’obliger les grands propriétaires privés de réserver une partie de leurs logements aux populations plus précaires et de socialiser les grands propriétaires fonciers dans une formule de propriété publique ou collective. Il s’agit de la proposition la plus controversée, mais qui traduirait le souhait exprimé à près de 60 % dans un référendum consultatif pour une telle forme de mesure.
Pour Die Linke, cette ligne assumée, articulée autour de revendications directement liées aux enjeux quotidiens du logement pour la population berlinoise, a contribué à sa percée historique lors de ces élections.
Mais le parallèle entre Mamdani et Eralp ne s’arrête pas qu’à leur programme. Il se trouve également dans leur manière de faire de la politique et dans leur stratégie électorale. À Berlin comme à New York, la campagne s’est largement construite dans la rue : présence sur le terrain, porte-à-porte, mobilisation des jeunes et des communautés issues de l’immigration. L’objectif étant de construire une force politique plus près de la population et de sa réalité.
Mandani, Elif Eralp et Ruba Ghazal
Difficile, dès lors, de ne pas penser à Québec solidaire, dont la présence dans la rue et le travail de terrain font partie de sa stratégie. Évidemment, les propositions de Mandani, de Die Linke et de Québec solidaire ne sont pas identiques, mais elles se rejoignent. Les systèmes politiques, les pouvoirs ou le contexte institutionnel ne sont pas les mêmes entre New York, Berlin et le Québec. Toutefois, une même logique traverse leur programme respectif : des revendications ancrées dans le quotidien des gens.
On peut également ajouter à cela que face aux idées réactionnaires, qui transforment bien souvent les frustrations sociales en méfiance envers l’immigration et les minorités, ces gauches proposent de porter le regard ailleurs. Les trois font de la diversité des communautés une force et témoignent par leur engagement envers la société d’accueil. Plutôt que de désigner des boucs émissaires, elles s’attaquent aux rapports économiques qui produisent et entretiennent les inégalités.
Des succès qui nourrissent l’espoir à gauche au Québec
À quelques jours des élections provinciales qui se tiendront le 5 octobre prochain, les victoires à Berlin et à New York peuvent nourrir l’espoir à gauche au Québec. Alors que la menace de l’extrême droite plane sur de nombreux pays, que le néolibéralisme continue de creuser les inégalités et que la crise écologique s’accélère, ces deux cas de victoires rappellent qu’une autre voie est envisageable et qu’une gauche victorieuse, c’est possible.







