Palestine : Ensemble Montréal, du mauvais côté de l’histoire !

Manifestation en appui à la résolution à l'initiative de Montréal Anti-Apartheid
Logo de Montréal Anti-apartheid

Par Ronald Cameron, responsable de la rédaction

Depuis le début de l’été, la coalition Montréal Anti-Apartheid s’activait en vue de demander au Conseil municipal de la Ville de Montréal de souscrire à une résolution de solidarité avec le peuple palestinien présentée par l’opposition officielle, Projet Montréal. Une première discussion au début de l’été au Conseil de Ville s’est conclue par un report au 24 août dernier.

Une pétition de 600 artistes et artisans des arts a été déposée une semaine avant le vote et publiée dans le journal Le Devoir. Une lettre ouverte publiée par Pivot, le 20 août 2026 a été appuyé par 143 organisations de la société civile et par 1 658 personnes. Elle fut initiée par La Coalition du Québec URGENCE Palestine, la Ligue des droits et libertés, Amnistie internationale Canada francophone, Palestiniens et Juifs unis (PAJU) et le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN).

La nouvelle maîresse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, lors de l’inauguration du REM en novembre 2025 @-credit-photo-Lea-Kim-CC-BY-SA-4.0-via-Wikicommons-1.jpg

Le résultat est malheureusement loin des espoirs suscités. Comme l’indique Montréal Anti-Apartheid dans son communiqué du 26 août :

Le parti de la mairesse, Ensemble Montréal, a dilué une motion, pourtant déjà modérée, qui proposait de « suspendre les liens » avec Israël. Cette motion avait été soumise au conseil municipal en juin dernier après des mois d’actions citoyennes particulièrement efficaces, menées par la coalition Montréal Anti-Apartheid. (Communiqué de Montréal Anti-Apartheid le 26 août 2026).

Synthèse des modifications adoptées

  • supprimé toute référence à l’apartheid ;
  • supprimé l’appel à « suspendre immédiatement les relations avec les institutions israéliennes » ;
  • détourné l’attention sur le 7 octobre, au lieu d’aborder les enjeux systémiques liés à l’apartheid, l’occupation et la destruction de la vie de civils palestiniens, ce qui était au cœur de la motion initiale ;
  • associé le mouvement de solidarité avec les Palestinien.ne.s au Hamas, stigmatisant ainsi
  • davantage les Montréalais.e.s qui défendent les droits humains des Palestiniens ;
  • supprimé la disposition prévoyant l’arrestation de Benjamin Netanyahu s’il venait à Montréal ;
  • modifié le choix des mots utilisés pour désigner les « conflits » au Liban, en Iran, au Yémen et ailleurs afin de cacher les exactions commises par Israël.

D’ailleurs, on peut constater les modifications sur une publication de la Ligure des droits et libertés

Comme le conclut Sarah Shah, co-fondatrice de la campagne « adopter une déclaration vide de sens fera disparaître la question de la solidarité avec la Palestine. Erreur monumentale ! (…), nous sommes des centaines réparti.e.s dans tout Montréal. Personne n’abandonne. Ce n’est que le début. »


Pour accéder au site de Montréal Anti-Apartheid et signer le Pacte, cliquez ici