Canada : les minières canadiennes à l’assaut du Mexique

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Red Mexicana de afectados por la mineria, Comité des droits humains pour l’Amérique latine (CDHAL),

A travers le secrétariat de l’éducation, le gouvernement de l’État de Guanajuato se joint aux efforts de l’entreprise canadienne Argonaut Gold de tromper les communautés proches du projet minier Cerro del Gallo, à Dolores Hidalgo.

Le 16 septembre dernier, il a été annoncé dans certains médias  que Monserrat Bataller Sala, déléguée régionale du Secrétariat de l’éducation de Guanajuato, et Lourdes Macpherson, responsable des affaires corporatives et de la communication d’Argonaut Gold México, ont organisé un événement conjoint  pour livrer des sacs-à-dos et des fournitures scolaires aux élèves de l’école « télé-secondaire » de la communauté de San Antón de las Minas.

Auparavant, le 13 juillet, le gouverneur Diego Sinuhe Rodríguez Vallejo s’est réunit avec les dirigeants de la compagnie minière Argonaut Gold lors de l’inauguration des projets dans l’État de Guanajuato, malgré le  fait que son projet  ne dispose toujours pas des permis nécessaires pour commencer à opérer.

Le “visage amical” de la dépossession

Parmi les stratégies utilisées par les sociétés minières pour se rapprocher des communautés, figure la promotion de programmes à visage social, comme celui nommé « Bourses Argonaut Gold » , qui, profitant de l’incapacité de l’État à garantir le droit à l’éducation, offre « du progrès, du développement et des meilleures opportunités » à la population, bien qu’en réalité une petite partie serait en mesure de s’intégrer dans l’activité économique en tant que main d’oeuvre peu coûteuse, tandis que la plupart des gens observe la destruction de leur vie communautaire.

Il n’est pas surprenant que tant l’entreprise que le gouvernement utilisent les normes non contraignants déjà connus  de « responsabilité sociale des entreprises » pour faire croire à la population que l’exploitation minière est une activité bienfaisante, alors qu’en réalité c’est le contraire car, de toutes les activités extractives qui détruisent la planète, l’exploitation minière est sans doute celle qui génère le plus de dégâts. Il est courant que les entreprises minières utilisent ce cadre de normes construit par elles-mêmes pour déguiser et masquer la dépossession et le déplacement qui seront provoqués par l’extractivisme de « visage amical ». Les entreprises minières sont expertes pour tirer profit de l’incapacité des gouvernements, comme celui du Guanajuato, à proposer des alternatives écologiquement et culturellement appropriées, ni pour les familles les plus vulnérables ni pour la population en général. Les entreprises minières comme Argonaut Gold cherchent à dissimuler les dangers posés par l’exploitation minière « à ciel ouvert » et tentent  d’influencer la perception des mères dans les communautés, qui sont normalement chargées de l’éducation et de la garde d’enfants. Il est regrettable que le gouvernement de Guanajuato, ce qui devrait garantir les droits humains, appuie un système basé sur l’accumulation par dépossession, capitulant ainsi devant les demandes du modèle patriarcal, capitaliste et colonial qui est si prononcé dans cette région du pays.

Nous n’avons aucun doute que l’opération du projet minier Cerro del Gallo engendra une catastrophe socio-environnementale irréversible et sans précédent dans la région, comme nous l’avons vu, vécu et documenté dans de nombreuses régions du Mexique et d’Amérique latine. Nous ne tolérons plus de politiciens et de représentants qui ne voient dans les investissements qu’un moyen de sortir de leur incapacités en tant que dirigeants.

Le projet minier Argonaut Gold est situé sur la colline Cerro del Gallo à Dolores Hidalgo, dans le bassin Cuenca de la Independencia, un territoire où  l’eau est rare, la surexploitation de son aquifère souterrain est alarmante et l’équilibre hydrologique a été rompu il y a des décennies. Malgré cela, de grandes entreprises des secteurs agro-exportateur et industriel s’y approprient d’immenses concessions d’eau dans. Ce n’est pas par hasard si le stress hydrique sévère du bassin amène à l’extraction de l’eau à environ de 600 mètres de profondeur, ce qui implique une consommation direct et indirecte d’eau contaminée de divers métaux et métalloïdes incluant le fluorure et l’arsenic, tous deux hautement nocifs pour la santé humaine.

Si la mine Cerro del Gallo entre en opération, les conséquences pour les habitant.e.s vont se multiplier de manière exponentielle, comme cela arrive dans toutes les communautés où il y a une mine. Aux dommages causés par la contamination, s’ajoutera la disparition des sources d’eau due à l’épuisement et à l’appropriation  d’eau par l’activité minière, provoquant une manque d’eau pour la consommation humaine dans les communautés.

L’ouverture d’une mine symbolise une violation absolue de tous les droits humains tels que nous les connaissons, commençant par la dépossession et se terminant par le déplacement forcé/involontaire des habitant.e.s en raison de l’impossibilité de maintenir ou construire une vie digne.

Face à cette menace, les habitant.e.s des communautés directement affectées, telles que Santa Bárbara, Cerrito de Guadalupe, La Colmena, El Durazno, Palacio de Abajo, Potrero de Guadalupe, San José de la Campana, San José de la Palma, El Llanito, La Ventilla, San Isidro El Sisote et San Marcos, ont exprimé à plusieurs reprises leur rejet catégorique de l’ouverture de la mine Cerro del Gallo,  faisant même signer aux candidat.e.s à la présidence de Dolores Hidalgo, lors de la dernière campagne électorale, des engagements de ne pas accorder de permis d’utilisation des terres ou de construction pour tout type de mégaprojets d’extraction, y compris le président élu Adrián Hernández Alejandri entre les signataires.

NON à la mine Cerro del Gallo dans le bassin Cuenca de la Independencia. ¡Fuera Argonaut Gold de nuestros territorios!