Ghachar Ghochar – un roman de Vivek Shanbhag

Vivek Shanbhag, Buchet-Chastel (Paris) 2018, 175 pages (traduit par Bernard Turle) – une note de lecture de Baijayanta Mukhopadhyay

L’ancien premier ministre de l’Inde Manmohan Singh est décédé en décembre dernier. Dans les années 1990, Singh avait conduit une série de réformes économiques qui, en trois décennies, ont transformé le pays à une vitesse vertigineuse.

C’est de cette période qu’il est question dans le roman minimaliste de Vivek Shanbhag. Publiée d’abord en 2013 dans sa version originale en kannada, la traduction en français a conservé son titre original, « Ghachar Ghochar », une idée intraduisible qui évoque le chaos.

Dans une prose à la fois précise et laconique, le roman explore le processus complexe d’embourgeoisement d’une famille de l’Inde contemporaine qui, prise en otage par une richesse acquise beaucoup trop vite, sombre dans le gouffre. Au fil du récit, sans savoir qu’il observe sa propre famille, le narrateur glisse lui-même vers une déchéance morale.

Salué par la critique et souvent considéré comme le meilleur roman indien des dernières années, Ghachar Ghochar a figuré dans le palmarès du New York Times en 2017 et a été inscrit sur la liste longue du Prix littéraire international de Dublin. Une reconnaissance significative pour un roman indien dont l’original n’a pas été écrit en anglais. Huitième langue de l’Inde, le kannada est parlé par quelque quarante-trois millions de personnes qui vivent principalement dans l’état du Karnataka.

Ghachar Ghochar a été sélectionné par notre club de lecture virtuel qui, tous les mois, réunit des membres de la diaspora indienne au Canada, aux États-Unis, en Inde et au Royaume-Uni.

Mukhopadhyay anime le club de lecture virtuel pour la diaspora indienne (b.mukhopadhyay@gmail.com).