Haïti : dix années de gestion catastrophique

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Extrait du rapport préparé par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), 10 janvier 2020

Le 12 janvier 2010, un séisme aux conséquences dévastatrices a frappé Haïti. 10 années plus tard, à l’heure des bilans, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) présente son rapport qui passe en revue les pertes humaines et matérielles enregistrées, les interventions des agences internationales humanitaires, les nombreuses décisions qui ont été prises par les autorités étatiques, les expulsions massives qui ont été enregistrées ainsi que la formation et les résultats de la CIRH.

Dans le cadre de ce rapport, le RNDDH a visité 18 camps d’hébergement et sites de relocalisation. Ces visites lui permettent de relater les conditions dans lesquelles vivent aujourd’hui les milliers de  victimes qui, depuis 10 ans, logent dans des taudis, sous des bâches, sous des tentes ou dans des abris semi‑temporels fournis par les agences humanitaires, rafistolés depuis et devenus par la force des choses, permanents.

Points saillants :

  • Les différentes promesses de la communauté internationale d’aider à la reconstruction d’Haïti n’ont pas été tenues ;
  • Les candidats aux postes électifs qui ont défilé dans les camps d’hébergement et sites de relocalisation n’ont pas, à leur élection, tenu leurs engagements face à la population ;
  • La CIRH, gérée dans l’opacité la plus totale, n’a donné aucun résultat et a dû s’effacer tout simplement ;
  • La population des camps d’hébergement et sites de relocalisation n’a jamais constitué une priorité pour les autorités étatiques. Aujourd’hui elle vit dans la négation la plus totale de ses droits fondamentaux, exposée à l’insécurité et sans accès à l’eau potable, à l’éducation, aux soins de santé et aux latrines ;
  • Malgré ses affirmations, l’Etat haïtien n’a rien fait pour renforcer les capacités de gestion des catastrophes naturelles du pays. Le séisme du 6 octobre 2018 qui a frappé le Nord-Ouest et l’Artibonite a mis à nue les inaptitudes de l’Etat ;
  • Tout a été mis en œuvre pendant les 10 dernières années en vue de chasser les victimes du séisme et de les confiner dans des zones éloignées de Port-au-Prince ;
  • Le séisme du 12 janvier 2010 a été géré de manière catastrophique.  <

Sur la base de ces constats, le RNDDH recommande aux autorités étatiques de :

  • Faire le recensement des camps d’hébergement et sites de relocalisation ainsi que des familles qui y vivent ;
  • Mettre en œuvre des programmes sociaux en vue d’accompagner les victimes du séisme du 12 janvier 2010 ;
  • Outiller les cellules de la protection civile en vue de former la population en général et les élèves d’écoles, sur les comportements à adopter avant, pendant et après les catastrophes naturelles dont les séismes ;
  • Superviser les nouvelles constructions en vue d’exiger qu’elles soient conformes aux règles parasismiques.