Haïti : revue de la semaine (5-12 mars 2021)

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  1. Insécurités, violences et mobilisations contre la restauration de la dictature

La journée du 17 mars a été une journée de tension pour la capitale haïtienne et la ville des Cayes. AlterPresse rapporte qu’à Port-au-Prince, « Plusieurs entreprises commerciales, comme les banques et stations de distribution de produits pétroliers, ont gardé leurs portes fermées ». Soutenus par la population qui protestait contre la mort des policiers dans l’opération mal fagotés à Village de Dieu la semaine antérieure, des policiers appartenant au groupe de « Fantom509 », qui est un groupe revendicatif née de la volonté d’amélioration des conditions de travail des policiers ont sillonné plusieurs rues de la capitale en exigeant entre autres la récupération des corps des policiers assassinés, abandonnés par la PNH aux gangs armés. À cette occasion, des individus se réclamant de ce groupe ont envahi les locaux de la Universal Motors dirigée par l’homme d’affaires et politique Réginald Boulos, situé sur la route de l’aéroport. Ils ont même enlevé et incendié plusieurs voitures. Pourtant, selon plusieurs observateurs et journalistes qui étaient sur les lieux, cette attaque a été perpétrée par des membres d’un gang armé proche du régime de facto en place.

D’un autre côté, après une incarcération jugée injuste et arbitraire, « les 4 policiers qui étaient en garde à vue au commissariat de Delmas 33, suite à leur arrestation en marge de la manifestation du 21 janvier dernier à Miragoâne, dans le département des Nippes, ont été libérés » par la contrainte de leurs collègues de « Fantom 509 » rapporte Vant bèf info. Le lendemain, ils ont encore libéré de la même manière un autre gardé à vue dans le commissariat de la Croix-des-Bouquets. Mais deux jours plus tard, la PNH a annoncé que la majorité de ces détenus ont regagné leur garde à vue. Pendant la journée du 19 mars, des barricades de pneus enflammés ont été aussi érigés au centre-ville de Port-au-Prince en signe de protestation contre l’enlèvement d’un homme d’homme d’affaire propriétaire d’une entreprise funèbre. Une grande journée de mobilisation contre la dictature et la violation des droits humains est prévue pour le 29 mars prochain à l’occasion de la 34e anniversaire de la constitution de 1987.

Sous l’initiative du Collectif des Organisations et des Progressistes Haïtiens pour la Solidarité avec les Peuples (COPASP), en partenariat avec la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) et le Konbit des Organisations Politiques, Syndicales et Populaires, une conférence virtuelle internationale a été le jeudi 18 mars 2021. Cette activité avait pour but de « mieux comprendre l’évolution de la crise haïtienne et la nécessité du renforcement systématique du processus d’organisation de la solidarité internationale concrète ». Plusieurs représentants d’organisations progressistes provenant de divers coins de la planète étaient présents pour discuter de la crise haïtienne et exprimer leur solidarité au peuple haïtien.

 

 

  1. Positionnement dans la communauté internationale concernant la situation d’Haïti

 

Après l’invitation du président de facto Jovenel Moise « le conseil permanent de l’Organisation des États américains (OEA) offre ses bons offices en vue de parvenir à une solution à la crise haïtienne. (…). Le conseil se dit également préoccupé par les actes de violence, les cas de violation des droits humains et des abus commis en Haïti appelant à l’identification de leurs auteurs pour les déférer par devant la justice » (extrait, Le National, 22 mars 2021). Malgré la violation flagrante des droits humains et de la constitution du pays par le régime au pouvoir, tout en réaffirmant son soutien pour l’organisation des élections législatives et présidentielles, l’organisation appelle au « dialogue » pour une sortie de crise.

Par ailleurs, dans un tweet publié le 12 mars 2021, le président russe Vladimir Poutine a offert son aide au peuple haïtien pour sortir de la crise socio-politique.

 

 

  1. Économie

« L’économie nationale continue de payer les frais de la crise sociopolitique que traverse le pays depuis plusieurs années. Selon l’économiste Camille Chalmers, l’économie haïtienne connait ses pires moments sous la présidence de Jovenel Moise », (Extrait de Le National, 19 au 22 mars 2021). La monnaie nationale (gourde) recommence à chuter face au dollar américain. Pour le vendredi 19 mars 2021, il faut 77,86 gourdes pour un dollar américain, selon le taux de référence de la Banque de la République d’Haïti (BRH).