Refuser la privation de l’eau, c’est aussi refuser qu’elle soit utilisée comme arme de guerre ou levier dans un conflit – Andres Fontecilla

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Andres Fontecilla lors de son intervention à l’assemblée internationale des parlementaires, le mardi 22 mars.

Près d’une cinquantaine de parlementaires ont participé et sont intervenus à l’assemblée internationale des parlementaires, initiée par Ricardo Petrella, le mardi 22 mars, à l’occasion de la journée internationale de l’eau. En plus d’Andres, d’Alexandre Boulerice et de Monique Pauzé du Québec et du Canada,  ainsi que plusieurs députés européens de la Gauche unie européenne (GUE), des verts européens ou de la France insoumise ou d’Italie, on retrouvait des députés de plusieurs pays du Sud: Cameroun, Caraîbes, Chili, Égyppte, Jordanie, Liban, Mexique, Nicaragua, Palestine, Sénégal, Togo, Tunisie, Uruguay, Venezuela. – Ronald Cameron

Ça ne date pas d’hier que l’eau est traitée comme une vulgaire marchandise dans nos sociétés capitalistes. L’eau étant une ressource qui se fait de plus en plus rare, il va de soi que les spéculateurs et grands acteurs capitalistes y voient une opportunité incontournable de profits. De la même façon que nous refusons que la privation d’eau soit utilisée comme arme de guerre ou levier dans un conflit, nous devons également rejeter tout accaparement et privatisation de cette ressource essentielle à la vie humaine.

Alors que des gouvernements comme celui des États-Unis ne se gênent pas d’appuyer la création d’entreprises cotées en bourse qui profitent de la privatisation des ressources naturelles, il est urgent que le mouvement contre la privatisation serre les rangs. Le dialogue que nous tenons aujourd’hui doit percoler au sein de nos Assemblées législatives respectives et se concrétiser en mesures fortes pour le droit à l’eau. Cette lutte est l’occasion de réaffirmer la solidarité entre les peuples face aux menaces climatique et capitaliste qui rendent toutes deux l’eau potable de moins en moins accessible.

Il s’agit également d’une lutte décoloniale, où la souveraineté des peuples sur leur territoire et leurs ressources doit être réaffirmée. Depuis la nuit des temps, des États étrangers participent à l’accaparement des ressources naturelles au détriment de peuples souverains. Si certains diront que ce n’était qu’une question de temps avant que ce type d’entreprise mercantile ne s’attaque aux ressources hydriques, des rencontres et mobilisations comme le dialogue d’aujourd’hui sont porteuses d’espoir. Et au-delà de la souveraineté des peuples sur leur territoire et ressources, pourrait-on penser à la souveraineté de la nature sur elle-même? C’est un concept qui s’introduit tranquillement dans nos sociétés avec la reconnaissance de divers cours d’eau comme « sujets de droit ».

Le Gange et Yamuna en Inde, l’Atrato en Colombie, la rivière Yarra en Australie ont notamment été reconnus comme sujets de droits. Sur le territoire québécois, et plus spécifiquement sur le territoire innu, la rivière MagPie / Muteshekau Sipu s’est récemment vu conférer le statut de personnalité juridique. Des gardiens de la nature peuvent donc, pour le bénéfice de la rivière, ester en justice, s’adresser aux tribunaux pour faire respecter les droits de la rivière.

Je reconnais également le travail du député Alexandre Boulerice, qui est également parmi nous aujourd’hui et qui prend part au combat pour la reconnaissance de la personnalité juridique du Fleuve St-Laurent, un cours d’eau vital pour l’ensemble des populations du Québec.

Évidemment, il incombe de nommer la lutte millénaire des peuples autochtones pour la préservation et le respect de l’eau. Par respect pour leurs luttes ancestrales, nous devons toutes et tous répondre avec courage et détermination à la lutte actuelle contre la monétisation de la nature.