Déclaration finale du Forum social sur l’extractivisme :  le droit de dire non

Réunis à Johannesburg à les 12-15 novembre, des organisations populaires et syndicales, des groupes environnementalistes et des ONG, ont élaboré un plan d’action pour résister aux pratiques prédatrices contre les humains et la terre imposées par les gouvernements et les grandes entreprises minières et pétrolières. Voici quelques extraits de la déclaration finale.

« Nous nous sommes réunis lors de ce forum social thématique pour célébrer la vie et les victoires, affirmer la résistance et la solidarité et développer les connaissances. Nous reconnaissons et reconnaissons les initiatives en cours des communautés qui résistent, luttent et construisent des solutions de rechange aux impacts de l’économie extractiviste. Aujourd’hui, partout dans le monde, nous constatons la résistance du local au global, y compris la résistance de la nature, au modèle de surconsommation et de surproduction qui répond au faux récit de progrès et d’efficacité. Nous reconnaissons que le droit de la nature à exister se maintiennent et se régénèrent en tant que forme vivante et, par conséquent, nous sommes inspirés par les luttes pour reconnaître les droits de la nature. Notre responsabilité est de défendre et de vivre en harmonie avec la nature, car nous en faisons partie.

Compte tenu de la conjoncture politique, écologique et spirituelle du monde, le programme d’action repose sur la solidarité des peuples en lutte et sur l’espoir. La diversité et la capacité parmi nous ont été cruciales pour nous amener ici.

Nous devons reconnaître que les gens cherchent des réponses et essaient de définir les questions. En tant que forum, nous nous associons à des mouvements qui cherchent à créer des plates-formes en nouant des alliances et en réunissant de nouveaux partenaires issus des communautés autochtones, d’organisations confessionnelles, de syndicats, d’étudiants et d’universitaires, de jeunes, de paysans, de pêcheurs et de mouvements de femmes. L’identification de nos synergies et convergences nous donne une plus grande capacité à soulever des actions critiques, à chercher des réponses et à construire une nouvelle solidarité.

Ce forum social thématique a reconnu le «droit de dire NON» en tant que vecteur et stratégie importants pour relier et intensifier les campagnes existantes au sein desquelles les communautés résistent déjà.  Une campagne mondiale autour du «Droit de dire NON» sera construite en alliance avec les communautés minières touchées, les syndicats, les communautés tributaires de la forêt et de la pêche, les communautés paysannes et autochtones, ainsi que les mouvements de femmes et d’autres organisations partageant les mêmes idées afin de déterminer leurs propres développement et rejeter l’imposition violente de projets d’extraction. L’appel à un moratoire sur les nouveaux projets d’extraction et autres produits d’extraction nocifs devrait devenir une partie intégrante du «droit de dire non». Nous nous associerons aux mouvements qui luttent contre la destruction des écosystèmes menacés.

Nous entendons faciliter et relier les campagnes existantes contre les sociétés nationales et transnationales et leurs actionnaires. En défiant le pouvoir des entreprises et en exigeant des gouvernements de rendre des comptes, nous rejoindrons et soutiendrons également la campagne sur les droits de l’homme du Traité contraignant des Nations Unies sur les sociétés transnationales et les autres entreprises. Dans le cadre du ciblage du pouvoir des entreprises, nous proposons la création d’un groupe de convergence d’organisations travaillant déjà à des campagnes de lutte contre les flux financiers illicites et contraires à l’éthique alimentant les industries extractives. Nous proposons d’illustrer les flux financiers illicites et contraires à l’éthique pouvant être la source de financement de la transition juste. En outre, nous soutenons les campagnes de désinvestissement dans les industries destructrices. Celles-ci devraient être organisées conjointement avec les travailleurs et les syndicats actifs dans ces industries.

Nous appelons les mouvements à demander des comptes à nos gouvernements et aux institutions multilatérales pour qu’ils écoutent les communautés et protègent leur vie et leurs moyens de subsistance contre l’extractivisme. Nous travaillerons pour de meilleures lois et politiques nationales et exigerons une application réelle et significative de ces lois.

Un mois mondial d’action

Le mois d’octobre est déjà le mois de la mobilisation de la Journée internationale de la femme rurale, de la Journée mondiale de l’alimentation, des Droits internationaux des peuples autochtones, etc., nous proposons donc d’intégrer le droit de dire NON à l’extractivisme comme thème du mois d’action en octobre. L’utilisation du mois d’octobre comme mois d’action nous offre l’occasion de renforcer la convergence et la mobilisation. Le mois d’action devrait également cibler des sociétés spécifiques pour une action et une attention mondiales communes. C’est aussi un moment pour célébrer les victoires et être inspiré par ceux qui ont perdu la vie en cherchant la justice sociale. »

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