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Phœbé Boisclair-Fleury
Les Conférences des parties (COP) de l’ONU sur les changement climatiques sont des espaces de lutte active . C’est du moins ce que nous retenons des témoignages de quatre jeunes panélistes qui ont partagé leur expérience et leurs critiques sur leur participation à la 30e édition de la COP30 et sur le Sommet des peuples, qui se sont tenus à Belém au Brésil en novembre 2025.
À l’occasion du lancement de la Semaine du développement international du 1er au 7 février, l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) a organisé ce panel, le 5 février, à la Maison du développement durable. Katherine Robitaille a animé le panel sous forme de quatre questions auxquelles Albert Lalonde, Hadishrayen Diego Gros-Louis, Marie-Jeanne Eid et Samuel Rainville ont dû répondre.
Tout au long du panel, nous avons pu voir que les COP sont aussi des lieux de reproduction des dynamiques coloniales de pouvoir, ainsi qu’un événement où certain.es sont plus privilégié.es que d’autres. La conférence était divisé en deux zones : la zone bleue, accessible seulement avec une accréditation de l’ONU, où les négociations avaient lieu, ainsi que la zone verte, où il n’était pas possible d’entrer tous les jours et où les gens sans accréditations allaient. Selon les personnes invitées, le Sommet des peuples était comme un contre-pouvoir à la COP et représentait une tout autre expérience. Nous les avons interrogés sur leur expérience.
Pourquoi avez-vous déposé votre candidature ?
Les quatre panélistes ont mentionné vouloir assister à la COP 30 pour différentes raisons, que ce soit pour alimenter leur flamme militante, donner de la visibilité à certains enjeux comme les droits des femmes et des autochtones ou pour faire partie du groupe de jeunes qui ont contribué à développer des stratégies communes pour les générations futures. Assister à la COP30 et au sommet des peuples fut pour tou.tes une façon de contribuer au changement et y être leur a permis de ramener au Québec, dans leurs luttes respectives, les nouvelles connaissances et pistes de solution discutées à Belém.
Quels enjeux ou thèmes avez-vous le plus suivis ?
Pour Hadishrayen Diego, les droits de la jeunesse et des autochtones étaient dans ses intérêts principaux. Albert trouvait important d’aborder les droits juridiques pour les générations futures. Iel est d’ailleurs à la direction de la recherche pour le futur generations tribunal, qui a comme projet de faire reconnaitre les générations futures en tant que titulaires de droit. Pour Marie-Jeanne, la question du genre était au centre de ses préoccupations, surtout, le gender action plan.
Quel moment vous a le plus marqué ?
Lors d’un des jours, l’accès du site avait été complètement bloqué par les autochtones. Samuel a été marqué par ce moment, parce que des personnes accréditées ont été aux côtés des autochtones malgré le risque de se faire enlever leur accréditation. Marie-Jeanne a apprécié le sommet des peuples qui était la « COP du peuple » où tous les âges étaient au rendez-vous. Là-bas, plusieurs groupes marginalisés étaient présents et discutaient du lien entre les émotions et le climat. Elle a vu là une rencontre pour converger les luttes pour la crise climatique.
Qu’est-ce que ça donne de participer à une COP ?
Albert souligne que le travail qu’iel fait actuellement est né des rencontres faites lors des COP. Même si l’ambiance est particulièrement difficile d’adaptation, c’est selon iel un endroit où les jeunes peuvent prendre du pouvoir à travers leur réseau relationnel en usant de leur créativité pour que leurs revendications soient réalisées. « Les gens pour qui la vie a toujours été une lutte n’ont pas le luxe de ne pas espérer un monde meilleur », a-t-il dit lors de sa réponse.
Samuel dit que plein de choses changent dans le contexte actuel où le président américain remet tout en question. Ça questionne sur le type d’institution dans lesquelles il faudra œuvrer plus tard. Aux COP, il retrouve une intelligence collective où beaucoup prennent les enjeux discutés au sérieux.
Le public
Vers la fin des panels, le public a été invité à poser des questions. Les panélistes se sont fait demander si les résultats étaient décevants. Leur réponse était que oui en partie, car il y a dans leur présence un espoir de pouvoir changer le monde, mais les progrès qui résultent des COP sont minimes. On comprend que leurs batailles ne sont pas terminées et elles connaitront du progrès seulement petit à petit. Marie-Jeanne a aussi dit qu’il était important de se questionner au préalable sur le rôle que chacun.e veut prendre une fois sur place, afin de pouvoir faire du travail plus concret en misant sur un enjeu principal.
Prendre part à la solidarité internationale
Après les panels, il y a eu un 5 à 7 pour lancer la bande dessinée Debout pour un monde juste par Nancy Roberge et la saison quatre du balado Prendre part sur l’action climatique. Une ambiance festive et engagée était au rendez-vous et les intervenant.es nous invitaient à aller consulter les deux produits culturels lancés dans la soirée.









