Argentine : une minière canadienne contre les autochtones

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La minière canadienne Pan American Silver (PAS) a reconnu, dans la présentation de son « Rapport de Durabilité 2020 » qu’elle « travaille » dans la Meseta chubutense en finançant et en « aidant » la santé, l’éducation, des abris alimentaires  et les forces policières, aide qu’elle a quantifié à un peu plus de US$ 500 000 (en 2020 et 2021). La minière a révélé que les communautés lui ont « passé » de l’information des voisins qui reçoivent des subventions pour « arriver avec du bois et des aliments ». « L’objectif est d’être proche de la communauté et humaniser l’entreprise pendant qu’on attend la Loi ».

Le 13 septembre, PAS a présenté son « Rapport de Durabilité 2020 », où ils ont détaillé les actions entreprises dans différents coins du monde, mentionnant Chubut.

De plus, ils ont révélé qu’en 2020 la minière, qui prétend exploiter le projet « Navidad » dans la Meseta chubutense à travers son projet « Zonificación » 128/20 présenté par le gouvernement provincial, a investi en 2020 environ US$ 432 000 dans ce qu’ils appellent la « durabilité » et, jusqu’à date en 2021, environ US$ 92 000.

« La loi continue sans nous aider à  sortir de la situation dans laquelle nous sommes, mais l’activité continue », a commencé la présentation Gabriela Maceira, qui a expliqué que l’opération de la minière « a 2 axes. Un est la construction de connaissance, et l’autre, de relation. »

En ce qui concerne le premier, « nous avons récemment terminé un relevé des communautés originaires dans la zone, avec géoréférence pour connaître comment elles sont composées, qui sont les titulaires des terres, le profil socio-économique des personnes, l’âge, le niveau de formation et de revenu, les indices de masculinité, et s’il y a des personnes qui ont migré et les infrastructures dans lesquelles ils vivent. »

« Toute cette information est super valeureuse pour pouvoir gérer », a-t-elle affirmé.

Quant à l’axe de relation, la fonctionnaire de PAS a expliqué qu’il y a « différents axes » qui incluent la santé, l’éducation, la sécurité et autres services que doit donner l’État.

« L’année passée a été compliquée à cause du COVID avec un fond de US$ 2 millions, nous avons eu une allocation pour [le projet] “Navidad”. Ce que nous avons fait c’est accompagner les hôpitaux et les postes sanitaires, mais, nous avons terminé par assister aux corps policiers. »

De plus, « nous avons aussi accompagné les écoles avec des équipements, avec des équipements de protection personnelle, avec des produits sanitaires et des aliments », a-t-elle précisé.

Maceira affirme « la Province a beaucoup de conflits et difficultés financières et, dans les institutions de santé (de la Meseta), il y a 2 choses qui arrivent : dans les cas de Covid de basse intensité, l’attention est minime. Dès qu’une personne présentait des symptômes sévères de Covid, elle était transférée à Madryn. »

Pour cela, « ce que nous avons fait est d’appuyer pour qu’ils aient des ressources (essence, masques, gants, alcogel, bandes, etc.), des pneus pour les ambulances et nous avons donné des casques de ventilation non invasives et l’avons enseigné au personnel pour qu’ils puissent les utiliser. »

Mais l’intervention de PAS ne se limite pas à la santé, mais comprend aussi « d’autres actions comme l’appui à des activités sportives, tout ceci parce que notre objectif est d’être proche de la communauté et humaniser l’entreprise. »

« Bien que nous ne soyons pas en activité, l’axe relation nous sert pour montrer comment sont nos processus et pour montrer un visage humain » a-t-elle reconnu, assurant que la minière canadienne « génère des espaces de dialogue et surtout des liens de confiance ».

Selon Maceira, ces actions « ne se passent pas pour que vous soyez d’accord ou non » avec l’extractivisme mégaminier, mais pour « qu’il y ait une connaissance, qui ne se génère pas avec une ou 2 réunions, mais avec beaucoup de présence sur le terrain. »

« L’objectif est qu’ils et elles (les habitant.e.s) aient une référence: il y a 31 collègues à Gastre, dans lesquels 6 sont à Gangan et 2 à Blancuntre, qui sont employés et membres de la communauté » a-t-elle précisé.

L’employée de PAS a affirmé que toutes les actions se développement « pendant qu’on attend la Loi » qui autorise la mégaminière dans la Province.

Elle s’est aussi référée à « l’attente » depuis que le projet a été acheté en 2009, en détaillant que « qu’il y a 2 chemins, un passe par la politique et par les décisions dans la ville et au niveau du gouvernement, et l’autre passe jour à jour en se maintenant proche de la communauté, en voyant quelles sont ses besoins, et qu’ils nous connaissent ».

« Nous essayons de montrer comment serait la minière en opération. C’est difficile quand il s’agit d’un projet [minier], mais l’objectif est de montrer le processus et la formalisation. Pour nous ce serait tout un défi pour la projection de notre travail, ce pourquoi il faut renforcer toutes les institutions » a-t-elle expliquée.

Pour cela « notre opération doit être accompagnée de force avec le gouvernement pour renforcer les institutions de santé et d’éducation. »

Passant à autre chose, elle s’est référée à l’assistance aux voisins et habitants, révélant qu’ils « accompagnent » le plan Calor avec du bois et de la nourriture, « cet hiver n’a pas été si cruel, mais l’année passée l’a été, ce pourquoi nous aidons avec du bois et de la nourriture. »

Elle a révélé que pour cela « les communes nous ont passé une liste de personnes vulnérables selon leurs registres des gens qui sont au chômage ou des familles monoparentales, avec qui nous sommes arrivés à presque 800 familles avec de l’approvisionnement en bois et aliments. »

De son côté, María Florencia Gutiérrez a expliqué que la compagnie minière « accompagne » également le système éducatif de la zone « cette année il y avait la particularité d’accompagner les cantines scolaires -car- la situation dans la Province est difficile et il n’y a pas assez de fonds pour assister à une salle à manger ».

Aussi, « il y a beaucoup d’appui pour la police, qui n’a pas les moyens pour maintenir les  véhicules en bon état ».

« La situation financière de la Province fait que nous devons donner des renforcements, nous choisissons de le faire, de ces institutions que nous considérons essentielles dans les collectivités pour les aider à assurer le service public qu’elles rendent », a-t-il déclaré.

«Jusqu’en juin, l’investissement dans les activités de durabilité sociale dans les communautés est d’environ 90 000 dollars. Ce sont des activités spécifiques avec un focus sur le Covid mais il y a un autre focus de 100 000 dollars pour accompagner les communautés vulnérables dans la zone de Blancuntre, Yala Laubat et Gorro Frigio », a-t-il révélé.

À la fin, Gabriela Maceira a révélé que les sondages du Plateau « sont un thermomètre de la réalité ». « Selon les années, il y a plus d’intérêt public pour le travail, pour la santé et pour les achats locaux. Ce sont généralement les 3 axes qui se relaient selon l’humeur sociale au cours de l’année ».

Maceira a estimé que « d’autres questions telles que la gouvernance ou les droits de l’homme sont perçues par les communautés comme plus lointaines et abstraites ».