New York : une conférence de gauche qui intériorise le déclin de l’empire

Groupe du Québec qui a participé à la conférence No War, But Class War.

Ronald Cameron

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis font face, avec la Chine entourée des pays des BRICS+, à une solide concurrence de leur position hégémonique. Dans la période d’après 1945, pour Richard D. Wolff, la domination des États-Unis sur la planète était telle que la classe politique de la plus grande puissance mondiale s’était habituée à décider de ce qu’elle ferait avec la Russie.

Or cette période est terminée pour Monsieur Wolff, qui affirme que le soutien des États-Unis à l’Ukraine est vain puisque la guerre est déjà perdue. La puissance de la Russie est dix fois celle de l’Ukraine. Aussi, comme le soutient M. Wolff, ni les sanctions économiques ni l’annonce de Biden de permettre de manière irresponsable d’utiliser l’armement américain pour bombarder la Russie ne fonctionnent.

Richard D. Wolff est un économiste marxiste américain « le plus en vue d’Amérique » selon le New York Times ! Il a poursuivi une carrière académique, et depuis quelques années, il a mis sur pied un mouvement d’éducation Democrcy at Work, en vue de démocratiser les entreprises. Plusieurs des sessions de formation sont disponibles sur Democracy Now.

Il était un des invité.es les plus en vue à la conférence No War, but Class War, qui a eu lieu à l’Université Long Island de Brooklyn. Nous étions une quinzaine du Québec à participer à cette conférence organisée par l’Institut pour l’imagination radicale (IRI), appuyé par le réseau Historical Materialism (HM) et rejoint par le Left Forum.

La relance des rendez-vous du printemps en personne de la gauche américaine s’est amorcée avec cette conférence qui a réuni quelques centaines de personnes des milieux surtout académiques. Une présence étudiante active dans les campements universitaires contre Israël fut remarquée, mais constituait l’essentiel des mouvements militants au-delà du monde académique. Le comité organisateur annonce un retour l’an prochain, dans l’espoir de réunir plus largement le monde académique et les mouvements sociaux, alors que par le passé, le Left Forum réunissait 2000 personnes dans une activité semblable.

Nous étions une quinzaine de personnes associées avec le Journal des Alternatives qui a bénéficié d’in soutien de Lojiq pour cinq citoyen.nes canadien.nes du Québec. Les quatre Québécois additionnels et la mobilisation de la demi-douzaine de jeunes français.es étudiant au Québec ont été rendus possibles par des appuis additionnels de l’ONG Alternatives, du Carrefour d’éducation à la solidarité internationale de Québec — CÉSIQ et du Réseau international pour l’innovation sociale et écologique, ainsi que de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).

Nous amorçons avec le présent article la couverture de quelques ateliers sur la centaine qui se sont tenus au cours des trois jours d’activités.

À suivre ici.