Canada : comment appuyer l’armée d’occupation israélienne

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Yves Engler, extraits d’un texte paru dans Canadian Dimension 10 février 2020

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Le mois dernier, l’ambassade du Canada à Tel Aviv a organisé un événement pour célébrer la participation au combat de Canadiens dans l’armée israélienne. L’ambassade a invité 78 Canadiens de Tsahal à la résidence de l’ambassadeur pour manifester leur reconnaissance.

Faisant référence aux non-Israéliens qui se joignent aux FDI, l’ambassadrice Deborah Lyons a déclaré au Jerusalem Post : «Les soldats isolés canadiens sont un groupe particulièrement spécial… C’est quelque chose que nous voulons faire chaque année pour montrer notre soutien.» Lors de l’événement, l’ambassadeur du Canada a déclaré: «nous partageons tous deux l’amour du Canada et l’amour d’Israël. À l’ambassade, nous sommes très fiers de ce que vous faites. »

Fait à noter, la Loi sur l’enrôlement à l’étranger adoptée par le Parlement vise à interdire aux Canadiens de rejoindre les rangs d’une armée étrangère. 

De même, l’Agence du revenu du Canada (ARC) empêche les organismes de bienfaisance enregistrés de soutenir les forces armées d’autres pays. Les lignes directrices de l’ARC stipulent que «l’augmentation de l’efficacité et de l’efficience des forces armées canadiennes est de bienfaisance, mais le soutien des forces armées d’un autre pays ne l’est pas.»

Malgré ces règles, l’ambassadeur Lyons a célébré les combats des Canadiens pour les FDI. L’événement faisant la promotion des FDI était un clin d’œil à un réseau d’organisations canadiennes soutenant l’armée israélienne. En novembre, 1 100 personnes ont assisté à une activité de l’Association des soldats d’Israël-Canada et de l’Association culturelle sioniste canadienne à Toronto. Le Canadian Jewish News a rapporté que «la soirée a comporté des discours de commandants des FDI».

Il y a deux mois, Herut Canada, un groupe de défense sioniste d’extrême droite, a amené des réservistes militaires israéliens dans plusieurs universités de l’Ontario. À York, leur événement a déclenché une confrontation de haut niveau .

À l’autre extrémité de la tranche d’âge, un groupe de 80 Torontois se réunit régulièrement pour fabriquer des tuques tricotées à la main pour les soldats des FDI. Ils font partie de l’initiative Chapeaux pour soldats israéliens. Une autre organisation qui soutient Tsahal est Israel Widows & Orphans-Canada des Forces de défense israéliennes. Sar-El offre un soutien plus concret à Tsahal. Chaque année, quelque 150 Canadiens se portent volontaires sur les bases d’approvisionnement de l’armée israélienne au sein d’une organisation fondée par un général des FDI.

Pour sa part, l’Ambassade chrétienne internationale de Jérusalem (Canada) a parrainé des «activités amusantes» pour les «soldats isolés». Créée par le couple de milliardaires Gerry Schwartz et Heather Reisman, la Fondation Heseg pour les soldats isolés soutient également les non-Israéliens dans Tsahal.

À Toronto, le programme Garin Tzabar des Amis des scouts israéliens offre des cours d’hébreu et des services de soutien, ainsi qu’une aide au transport et à l’hébergement en Israël, pour les «soldats isolés» canadiens. Nefesh B’Nefesh aide également des non-Israéliens à rejoindre l’armée israélienne.

En novembre, le consulat israélien à Toronto a annoncé un effort de recrutement militaire. Selon leur annonce , «un représentant de Tsahal effectuera des entretiens personnels au Consulat les 11 et 14 novembre. Les jeunes qui souhaitent s’enrôler dans l’armée israélienne ou toute personne qui n’a pas rempli ses obligations conformément à la loi sur les services de défense israéliens sont invités à le rencontrer. »

Sar-El, Nefesh B’Nefesh, la Fondation Heseg pour les soldats isolés, les veuves et orphelins des Forces de défense israéliennes-Canada et l’Association pour les soldats d’Israël – Canada (par le biais de l’Association culturelle sioniste canadienne) offrent des reçus fiscaux pour les dons. En janvier de l’année dernière, la Beth Oloth Charitable Organisation, qui avait 60 millions de dollars de revenus en 2017, a vu son statut d’organisme de bienfaisance révoqué pour avoir soutenu l’armée israélienne. Pas particulièrement connue, l’organisation semble avoir été un canal de dons pour différents organismes caritatifs israéliens.

En réponse à une plainte officielle déposée par quatre militants de la solidarité avec la Palestine et Independent Jewish Voices Canada à l’automne 2017, l’ARC a entamé une vérification du Fonds national juif pour avoir enfreint la loi canadienne sur les organismes de bienfaisance. Le JNF a financé plusieurs projets pour l’armée israélienne en violation directe des règles de l’ARC pour les organismes de bienfaisance enregistrés. Malgré le soutien ouvert du JNF à l’armée israélienne, l’audit de ses opérations dure depuis deux ans. L’ARC est sans aucun doute confronté à une pression importante dans les coulisses pour laisser le JNF partir avec un peu plus qu’une claque au poignet. En 2013, Justin Trudeau a assisté à un gala de la JNF et d’autres ministres libéraux ont participé à des événements plus récents organisés par une organisation explicitement raciste que le député libéral Michael Leavitt a supervisé. L’ambassadeur Lyons a assisté à un événement du FNJ à Jérusalem en 2016 et à un autre en octobre. Les lignes directrices canadiennes en matière de bienfaisance et la loi sur l’enrôlement à l’étranger visent à dissuader les Canadiens d’appuyer les forces armées d’autres pays. Pourtant, l’ambassadeur du Canada en Israël célèbre les Canadiens qui combattent dans cette armée.