Canada : l’État canadien dans la guerre au Yémen

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Labour against arms trade in Canada (LATT), 26 janvier 2021

Le 25 janvier dernier, des manifestations ont eulieu partout dans le monde, y compris au Canada, contre l’atroce guerre au Yémen où des millions de personnes sont menacées par les bombardements et la famine. Mené par l’Arabie saoudite et ses complices, ce conflit fait partie de la « guerre sans fin » menée dans cette partie du monde où les États-Unis veulent « sécuriser » leur contrôle sur les riches ressources en pétrole. Le gouvernement yéménite est dans cette optique une force à abattre, parce que récalcitrante face à la guerre sans fin et trop proche de l’Iran Depuis 2015, une coalition contre ce gouvernement a été mise en place pour détruire ces « rebelles » et de facto, pour détruire le Yémen, le pays le plus pauvre du Golfe.

Bien que le Canada n’ait pas été impliqué dans les frappes aériennes ou le blocus, les fabricants d’armes canadiens ont vendu pour des milliards de dollars de véhicules blindés, de composants d’avions de combat et de fusils à l’Arabie saoudite – et à d’autres membres de la coalition, comme les Émirats arabes unis (EAU). Affaires mondiales Canada (AMC) a délivré des permis d’exportation pour chacun de ces fabricants. La Corporation commerciale canadienne, une société d’État, a négocié la plus importante de ces transactions: un contrat de 15 milliards de dollars pour General Dynamics Land Systems-Canada (GDLS-C) pour fournir et entretenir des centaines de véhicules blindés légers (VBL) pour l’Arabie saoudite.

La position du gouvernement canadien est que l’équipement est vendu à l’Arabie saoudite et à ses alliés pour répondre à leurs besoins de défense. Pourtant, l’équipement fabriqué au Canada est utilisé au Yémen et pour la répression interne en Arabie saoudite. AMC a suspendu à deux reprises certains permis d’exportation pour du matériel militaire destiné à l’Arabie saoudite après que certains de ces incidents aient été rendus publics – pour les réintégrer quelques mois plus tard, une fois que l’histoire s’est éteinte.

Les permis d’exportation pour l’Arabie saoudite ont été accordés malgré les propres rapports de AMC documentant le terrible bilan du royaume en matière de droits humains. Les permis ont été maintenus même si les relations saoudo-canadiennes ont souffert à la suite d’ un tweet du GAC commentant les droits de l’homme en Arabie saoudite – puis ont empiré à la suite du meurtre en 2018 du journaliste saoudien Jamal Kashoggi par des agents de renseignement saoudiens à Istanbul.

 

 

LAAT est une coalition canadienne de militants pacifistes et syndicaux travaillant à mettre fin à la participation du Canada au commerce international des armes, qui prône en particulier la fin des ventes d’armes à l’Arabie saoudite et une «transition juste» loin de l’industrie de l’armement