Canada : l’illusion du «nouvel» ALENA

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Rick Arnold, Canadian Dimension, 7 février 2020

Les organisations de la société civile du Mexique, des États-Unis et du Canada demandent aux Canadiens et à leurs représentants élus à Ottawa de lancer une enquête parlementaire spéciale avant tout vote de ratification sur le « nouvel » ALENA. Cela garantirait que les décideurs connaissent parfaitement tous les aspects de l’accord et pourraient apporter les changements nécessaires pour garantir que le public canadien, et non les sociétés multinationales, sont les principaux bénéficiaires de l’accord.

L’inégalité croissante au sein de nos pays et entre eux est le résultat direct de l’ALENA original. Depuis une trentaine d’années, nos organisations sociales travaillent ensemble en combinant recherche et propositions alternatives pour un accord commercial juste et équitable pour les trois pays. Nous pensons que cet accord devrait être centré sur des mesures qui réduisent puis éliminent cet écart d’inégalité toujours plus grand.

Nous analysons de près ces négociations en cours afin de pouvoir demander des changements substantiels aux règles qui souscrivent l’ALENA depuis 25 ans et qui se sont révélées toxiques pour tous nos peuples d’Amérique du Nord. On nous a maintenant présenté un «nouvel» ALENA. Il contient certains changements favorables. Par exemple, Investor-State, le panorama continental du travail (bien qu’excluant apparemment toute réforme dans le contexte canadien) et la réduction du traitement généreux proposé qui aurait été accordé aux géants pharmaceutiques. Quelque chose est quelque chose, mais c’est loin d’être suffisant.

Les négociations les plus récentes ont abouti au même cadre favorable aux entreprises qui menace d’aggraver les conditions de vie des travailleurs dans nos trois pays. Par exemple, même sous sa forme mise à jour, le texte à l’étude ne contient aucun chapitre qui affirme les droits des peuples des Premières Nations, et vous ne pouvez trouver aucune inclusion substantielle des obligations régissant les protections requises pour un environnement en crise. Les petits agriculteurs sont désormais confrontés à la fin définitive d’un mode de vie de longue date. Les législateurs canadiens devraient également prendre note que ce « nouveau » texte contient des éléments qui représentent une atteinte au droit souverain de chacun de nos pays de pouvoir mettre en œuvre des mesures conformes aux accords conclus dans les instances internationales.

Au moyen de ce document tri-national, nous demandons fortement que les Canadiens et leurs parlementaires procèdent à une révision minutieuse et minutieuse d’un texte défectueux. Au Mexique et aux États-Unis, une part importante des « vox populi » avait déjà présenté leurs importantes perspectives et contributions, mais a été ignorée. Nous espérons que le Canada, dernier pays à avoir débattu du bien-fondé de la ratification du «nouvel» ALÉNA, fera les choses différemment en veillant à ce que le texte défectueux à l’étude soit soumis à un examen rigoureux doublé d’une vaste participation du public. Déclaration endossée par Plusieurs organisations dont le Front des travailleurs authentiques (Mexique), le Conseil des Canadiens (Canada), Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP, États-Unis)