Lettre ouverte à Justin Trudeau : on peut sauver des vies en Bolivie

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Le 11 mai dernier, l’État plurinational de Bolivie a signé un accord avec le fabricant canadien « Biolyse Pharma » pour produire 15 millions de doses de vaccins COVID-19 en utilisant la formule vaccinale Jensen de la société nord-américaine Johnson and Johnson. La mise en œuvre de cet accord dépend de la mise en œuvre par le gouvernement canadien des procédures nécessaires pour que les vaccins puissent être produits dans le cadre du mécanisme de licence obligatoire établi par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La procédure de licence obligatoire est désormais le seul moyen de produire ces vaccins, les tentatives répétées d’obtention d’une licence volontaire auprès de l’entreprise pharmaceutique détentrice du brevet ayant échoué.

Si une licence obligatoire peut être obtenue et l’accord mis en œuvre, le Canada et la Bolivie ouvriraient la voie aux pays en développement pour acquérir des vaccins beaucoup plus rapidement et à des prix bien inférieurs aux prix actuels.

Cet accord ne pourra toutefois pas aller de l’avant tant que le gouvernement canadien n’aura pas délivré une « licence obligatoire » à Biolyse pour fabriquer le vaccin au Canada et l’exporter en Bolivie.

Le gouvernement canadien précédent n’a pas accordé la licence obligatoire qui permettrait à Biolyse de produire et d’exporter les vaccins. Ce silence a été dénoncé lors du Sommet international pour l’internationalisme des vaccins co organisé par la députée néodémocrate  Niki Ashton, qui l’a qualifié d’« inacceptable et honteux ».

La pandémie de COVID-19 est une menace pour nous tous. Des personnes de toutes les nations, de toutes les classes sociales, courent le risque de tomber gravement malades, de mourir ou de perdre leurs proches à cause du virus. Mais, malheureusement, tous les êtres humains n’ont pas le même accès aux fournitures médicales et aux vaccins qui peuvent les aider à se protéger du COVID-19.

 

Il s’agit d’une statistique alarmante, car elle démontre que nous sommes loin de notre objectif commun de vacciner la plupart de la population mondiale contre le COVID-19 et de commencer à nous remettre de l’impact tragique que cette pandémie a eu sur nos vies.

Les habitants des pays ayant un accès limité aux vaccins COVID-19 ne peuvent pas attendre pour suivre les processus bureaucratiques de libération des brevets – ils perdent leur vie et leurs moyens de subsistance à cause de ce virus chaque jour.

Alors que nous sommes confrontés à une urgence de santé publique mondiale sans précédent, nous avons besoin de rapidité et d’efficacité. Notre incapacité à nous déplacer rapidement a déjà causé tant de douleur – des dizaines de milliers de vies continuent d’être perdues dans les pays en développement en raison des pénuries de vaccins.

Le Canada a l’expérience du leadership dans ce dossier. En 2007, il a accordé une licence obligatoire à une entreprise canadienne pour produire un traitement antirétroviral contre le VIH/sida et l’exporter au Rwanda. Nous espérons donc qu’il adoptera une position similaire sur les vaccins COVID-19.