États-Unis : la cause cachée du flux migratoire  

Umberto Mazzei, extraits d’un texte paru dans ALAI, 18 juin 2019

 

Le gouvernement des États-Unis a récemment demandé au Mexique de militariser sa frontière avec le Guatemala et d’augmenter ses importations de produits agricoles en provenance des États-Unis, le tout avec la menace d’une augmentation des droits de douane de 25% sur les produits mexicains entrant sur le marché américain.

Depuis les années 1990, les États-Unis utilisent le commerce comme un instrument d’asservissement économique avec leurs voisins du Sud. Il s’agissait d’abord de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, signé en 1994; pour cette négociation, ils ont élaboré la matrice des accords ultérieurs de vassalité économique qui, avec l’étiquette de «libre échange», imposaient les États-Unis à leurs voisins d’Amérique latine. Il y a eu ensuite une tentative infructueuse de l’imposer collectivement sous l’acronyme ZLÉA. En rejetant ce piège, Chavez, Lula et Kirchner se sont démarqués.

La matrice de ces accords visait à détruire la souveraineté et l’identité économique des pays signataires, en faveur des grandes transnationales. L’objectif stratégique de ces accords est de détruire en premier lieu l’agriculture.

Les produits agricoles que les exportations des États-Unis exportent ont tendance à être subventionnés à des niveaux oscillant entre 60 et 80%, de sorte que ces accords ouvrent la porte à l’importation de produits contre lesquels les paysans pauvres ne peuvent même pas concurrencer à distance. Pour cette raison, au cours des trois premières années, l’ALENA a provoqué le déracinement de deux millions de paysans mexicains qui ont dû émigrer, d’abord de la campagne vers les villes mexicaines, ce qui a créé de graves problèmes de surcharge de services et de conditions de vie précaires, entraînant la délinquance et insécurité. Cette situation a ensuite dégénéré en l’an 2000 avec une première vague d’émigration massive du Mexique vers les États-Unis.

En 2004, l’Accord de libre-échange centre-américain – CAFTA a été signé entre les États-Unis et le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, El Salvador et la République dominicaine. Les pays où cette politique est entrée en vigueur ont été ceux que les Américains (américains) appellent le Triangle du Nord (Guatemala, Honduras, Salvador) et c’est de cette région que le flux migratoire que vient, d’où l’obligation de militariser la frontière avec le Mexique.

La destruction de l’agriculture est la principale raison stratégique pour laquelle les États-Unis investissent autant de milliards de dollars pour subventionner leurs exportations agricoles. Les responsables de la politique étrangère des États-Unis sont bien conscients de l’existence d’un axiome essentiel: sans souveraineté alimentaire, il n’y a pas de souveraineté.

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