Non à l’antisémitisme et non aux politiques de l’État israélien

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Voix juives indépendantes (VJI) demande au Conseil municipal de Montréal de rejeter une définition controversée de l’antisémitisme, 23 janvier 2020 IJV Canada

Le 23 janvier 2020 – Voix juives indépendantes (VJI) demande au Conseil municipal de Montréal de rejeter une résolution soumise à la séance du conseil du 27 janvier, laquelle mènerait la Ville à retenir une définition controversée de l’antisémitisme qui divise la communauté juive. Présentée par des membres de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, cette résolution propose que la Ville adopte la définition de l’antisémitisme privilégiée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

VJI rejette catégoriquement la définition de l’IHRA, car celle-ci confond l’antisémitisme avec des critiques légitimes de l’État d’Israël. Elle constitue conséquemment une menace pour un grand nombre de Montréalais et Montréalaises qui soutiennent ou travaillent en faveur des droits humains palestiniens, ainsi que pour la liberté d’expression de l’ensemble des Montréalaises et Montréalais. Des onze exemples d’antisémitisme énumérés dans la définition de l’IHRA, sept font expressément référence à Israël. VJI soutient que la définition en tant que telle reste vague, tandis que les exemples précis formulés par l’IHRA ont d’ores et déjà été utilisés pour réduire au silence les dissensions relatives à la Palestine.

Vidéo de la conférence de presse de Voix juives indépendantes à Montréal le 23 janvier, 2020

VJI mène actuellement une campagne nationale pour contester l’adoption de la définition de l’IHRA par différents organismes publics partout au pays. Montréal est la troisième ville au Canada à passer au vote sur cette définition après son adoption par le gouvernement libéral fédéral dans le cadre de sa « stratégie canadienne de lutte contre le racisme » en juin dernier. Des motions semblables ont été rejetées l’année dernière à Vancouver et Calgary, en partie grâce aux efforts déployés par des membres de VJI auprès des conseils municipaux de ces villes pour les inciter à refuser la définition dangereuse de l’IHRA.

Il s’est constitué au cours de la dernière année un mouvement d’opposition populaire à la définition de l’IHRA. Kenneth Stern, qui a rédigé cette définition, a récemment dénoncé le fait que des groupes juifs de droite s’en servent comme arme pour réduire au silence les voix qui se portent à la défense des droits humains palestiniens. Au Canada, près de 300 universitaires ont signé une lettre ouverte dénonçant la définition de l’IHRA et soulevant des inquiétudes quant à ses effets possibles sur la liberté académique. Au Québec, des grands syndicats comme la FTQ, la CSN et la FNEEQ, ainsi que la Ligue des droits et libertés, se sont positionnés contre l’adoption de la définition de l’IHRA.

« VJI reconnaît que l’antisémitisme est un problème grandissant et que de nouvelles mesures doivent être prises pour le combattre. Nous croyons cependant que la définition de l’IHRA fait beaucoup plus de mal que de bien », explique Niall Clapham Ricardo, de VJI Montréal. « Le danger réel et immédiat aux communautés juives en Amérique du Nord vient de l’extrême droite et des suprémacistes blancs, et non des défenseurs et défenseuses des droits de la personne. Ce sont pourtant ces dernier·e·s qui seront visé·e·s si nous permettons que cette définition soit adoptée. Nous croyons que les Juif·ve·s sont mieux protégé·e·s lorsque nous reconnaissons que l’antisémitisme est une forme de sectarisme semblable à l’islamophobie et au racisme, et lorsque nous nous associons aux autres communautés touchées pour combattre la haine ensemble. »

VJI applaudit les membres du Conseil municipal qui souhaitent faire plus pour combattre l’antisémitisme à l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Nous croyons cependant que l’adoption de la définition de l’IHRA constitue une erreur. Nous invitons les membres des médias à venir entendre le point de vue de Juif·ve·s, de Palestinien·ne·s et d’allié·e·s qui s’opposent à cette résolution dans un esprit de défense des droits de la personne et de la liberté de parole.

 

Agissez maintenant!

Envoyez un courriel aux conseillers et conseillères de Montréal maintenant pour leur faire savoir que ce n’est pas ainsi que l’on combat l’antisémitisme!