Gaza : un cessez-le-feu sans justice!

@ Martirena

Ronald Cameron, responsable de la rédaction – 

Donald Trump veut vendre au monde un «plan de paix» pour Gaza. Vingt points qui mettraient fin à un conflit millénaire, dit-il. En réalité, seuls les deux premiers sont sur la table : un cessez-le-feu et un échange de détenu.es. Certes, pour la population de Gaza, exténuée par des mois de bombardements, ces mesures représentent un répit vital. Les bombes cessent, les enfants peuvent dormir, les hôpitaux peuvent un peu respirer malgré le manque d’oxygène médical. Le cauchemar d’un nettoyage ethnique total semble momentanément écarté.

Mais ce soulagement ne doit pas faire illusion. Derrière cette trêve se cache un plan colonialiste maquillé en paix des pays les plus riches, avec l’appui des élites arabes. Gaza et la Cisjordanie restent assiégées, les frontières restent sous contrôle israélien et la reconstruction de Gaza est placée sous tutelle étrangère. La population palestinienne n’a pas la maîtrise de son territoire ni de son avenir. Ce plan confirme l’occupation militaire de la Palestine.

Trump, fidèle à une logique coloniale, parle d’un «nouvel ordre sécuritaire». Ce qui veut dire qu’Israël conserve le contrôle du ciel, des frontières, des points de passage et même des flux d’aide humanitaire, comme on l’a vu cette semaine. On parle de «démilitarisation» de Gaza, mais c’est une militarisation de la surveillance : drones, armée d’occupation, forces internationales dociles.

Le cœur du problème reste inchangé 

Le cœur du problème reste inchangé : la colonisation qui accompagne l’occupation. Tant que la Cisjordanie sera morcelée par des colonies israéliennes, tant que Jérusalem-Est restera annexée, tant que les personnes réfugiées seront privées du droit au retour, la paix sera une illusion. On ne peut pas parler de coexistence tant qu’un peuple est enfermé, affamé et déplacé au nom de la sécurité de l’autre.

La fin des bombardements ne suffit pas : il faut la fin de l’occupation. Le peuple palestinien a droit à des frontières libres, à des terres sans colonies, à un État souverain et viable. Tout le reste n’est que gestion de crise.

Truffé de vautours prédateurs de capital, ce plan Trump ne porte pas sur la question de la souveraineté du peuple palestinien. Il en fait un dossier technique géré par Washington et Tel-Aviv : on parle de reconstruction, d’investissements dans l’immobilier, de «normalisation»… mais pas de reconnaissance nationale palestinienne.

Reprendre la parole

La voix du peuple palestinien reste claire : vivre en paix pour lui, c’est mettre fin au blocus, aux drones, c’est la liberté de circuler, d’étudier, de bâtir, de rêver dans ses terres d’origine. Tôt ou tard, il se dressera. Et dans cette perspective, il ne sera pas seul.

La solidarité internationale doit rester debout, active et lucide. Elle ne peut se contenter de saluer un cessez-le-feu temporaire. Elle doit continuer à dénoncer le système d’apartheid et de colonisation qui étouffe la Palestine. Le peuple palestinien a besoin que le feu cesse, mais pas d’un plan qui alourdit l’occupation; il a besoin de récupérer ce qui lui a été volé : sa terre, sa souveraineté, son droit à vivre en paix.