Erin O’Toole veut relancer la guerre froide contre la Chine

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Yves Engler, extrait d’un texte paru dans Canadian Dimension, 13 septembre 2021

 

Le parti conservateur d’Erin O’Toole est obsédé par la Chine.

Le programme électoral des conservateurs fait référence à la « Chine » 31 fois et au « chinois » 10 fois. Par comparaison, l’Arabie saoudite n’est pas mentionnée une seule fois, alors que tout le monde sait que c’est un État beaucoup plus autoritaire et plus violent.

La plate-forme conservatrice dénonce « l’autoritarisme croissant, l’influence régionale et l’expansionnisme militaire de la Chine », ainsi que son prétendu rôle dans « l’affaiblissement actif des normes démocratiques, des institutions et de l’État de droit ». Il appelle à « réduire la dépendance mondiale envers les minéraux essentiels de Chine » et « à insister pour que les principaux pollueurs comme la Chine fassent le ménage ».

Ces déclarations précèdent une section de 800 mots intitulée « Debout face à l’agression de la Chine ». Dans le programme conservateur, il est noté « les dirigeants communistes représentent une menace claire et croissante pour les intérêts canadiens et nos valeurs. Ils ont enlevé nos citoyens, pris pour cible notre économie et intimidé les membres communauté ».

S’ils sont élus, les Conservateurs promettent de retirer le Canada de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures dirigée par la Chine, de sanctionner les « pires contrevenants aux droits humains en Chine ».

En avril de l’année dernière, O’Toole a appelé à une « nouvelle guerre froide » avec la Chine et a déclaré plus tard qu’il n’y avait  » pas de plus grande menace pour les intérêts du Canada que la montée de la Chine ».

Pour contrer la « menace » chinoise, les conservateurs font ouvertement appel à la solidarité avec les anciennes puissances coloniales, notamment la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande et l’Australie qui se retrouvent avec les États-Unis et le Canada dans un vaste projet de collecte des renseignements appelé les « Five Eyes ». Ce n’est pas une coïncidence si ces quatre seuls pays qui ont initialement voté contre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP). Le professeur John Price de l’Université de Victoria a qualifié les Five Eyes de  » réseau d’espionnage basé sur la race « .

La tentative d’Erin O’Toole de déclencher une nouvelle guerre froide avec la nation la plus peuplée du monde via un appel à l’Empire britannique et à la solidarité des colons européens révèle un profond racisme. Au cœur de l’appel pour « contenir la Chine » se trouve une vision suprémaciste blanche du monde depuis longtemps discréditée.