Haïti : le départ de Jovenel est essentiel

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Photo : Ministère des relations extérieurs du Pérou

Entrevue avec Camille Chalmers, Rezo Nodwe, 28 avril 2021s

Tout exercice électoral aggravera davantage la crise en Haïti, a averti l’économiste et analyste politique Camille Chalmers, à quelques mois du référendum constitutionnel illégal contesté et des élections générales convoqués par le gouvernement de facto soutenu par Binuh, OEA…pour donner à Haïti « une 3è tragédie électorale PHTK ».

Mercredi 28 avril 2021 ((rezonodwes.com))–Tout exercice électoral aggravera la crise en Haïti, a averti mercredi l’économiste et analyste politique Camille Chalmers, à quelques semaines d’un étrange référendum constitutionnel à la Lafontant planifié et des élections générales exclusives frauduleuses convoquées par le CEP-Dermalog de Guirlande Mésadieux.

Selon le prétendu calendrier électoral, la consultation populaire pour modifier la constitution actuelle devrait avoir lieu le 27 juin et trois mois plus tard les élections pour renouveler le personnel politique, les législateurs et les gouverneurs locaux, afin de pérenniser le règne PHTK et de consolider la dictature en Haïti.

Cependant, pour le professeur Chalmers, « ces exercices démocratiques, si toutefois ils se tiendront, auront une très faible participation, ce qui exacerbera le problème de la légitimité et de la crédibilité de l’appareil électoral et de l’État« .

« S’engager dans cette voie revient à approfondir la crise, à intensifier les conflits et à créer une situation de chaos et de perte totale de contrôle en termes de gouvernabilité« , a-t-il déclaré lors d’un entretien avec Prensa Latina. Il a indiqué que seul le départ de l’apprenti-dictateur Jovenel Moïse, sans mandat, et la mise en place d’un processus de transition sont essentiels pour repenser complètement le système électoral et avancer dans la construction démocratique entamée en 1986 après la chute de la dictature de François et Jean Claude Duvalier (1957-1986).

  1. Chalmers a rejeté la proposition d’élection brandie en 2021 par la communauté internationale, emmenée par les Etats-Unis, car selon lui, « elle renouvellera le monopole de l’extrême droite sur le pouvoir en Haïti« .

En ce sens, a préconisé Chalmers, « nous devons tout faire pour arrêter ce processus, revenir à la constitutionnalité, défendre les acquis démocratiques et réorganiser le système politique pour sortir de la tentative que fait l’extrême droite de monopoliser toutes les institutions et de créer une situation de dictature en Haïti« .