Il n’y a pas de paix sans justice ! – Suzanne Loiselle

Ronald Cameron, responsable de la rédaction

Suzanne Loiselle, membre des Sœurs Auxiliatrices, est une femme connue dans les réseaux militants québécois. Directrice pendant 30 ans de L’Entraide missionnaire, elle a reçu en 2016 le Prix du Public pour la Paix à titre d’artisane et militante sociale de solidarité, justice et paix et la Médaille de l’Assemblée nationale du Québec en 2018. Elle est toujours associée avec la Coalition Échec à la guerre. Le réseau Missions des Franciscains l’a invité à faire une causerie le 23 mai dernier sur le thème Espérer dans un monde fracturé. Il constitue un plaidoyer qui esquisse les assises de la politique de la gauche chrétienne, dans le contexte international qu’on connaît, et que le nouveau pape encourage en quelque sorte. C’est pourquoi on trouvera la vidéo de sa conférence ci-dessous.

Cette intervention propose un vaste tour d’horizon des crises contemporaines, mettant en lumière la fragmentation du monde à travers des conflits majeurs au Moyen-Orient (Gaza, Syrie, Liban), en Afrique (Soudan) et en Amérique latine (Haïti, Venezuela, Cuba). Les violations du droit international sont récurrentes et l’aide humanitaire est largement insuffisante, avec seulement 20 % des besoins couverts en Haïti. Et les budgets militaires explosent tandis que l’aide internationale et les services sociaux sont réduits, aggravant les inégalités et la précarité.

Résistances citoyennes et engagement personnel

Pour Sœur Suzanne, des mobilisations citoyennes, syndicales, féministes, écologistes et autochtones émergent localement et internationalement malgré la gravité des crises. Les jeunes, notamment dans les universités, jouent un rôle moteur dans la dénonciation des injustices et la solidarité internationale.
L’engagement pour la justice et la paix est un fil conducteur de vie, nourri par la foi chrétienne et l’inspiration biblique pour la militante en solidarité internationale. Certains textes religieux encouragent le discernement, la résistance et l’espérance. Pour elle, la spiritualité s’arrime à la militance pour donner sens à l’action collective et à la transformation du monde. L’espérance n’est pas naïve : elle se construit dans la reconnaissance des fractures, la solidarité et l’action concrète au quotidien.
L’espérance n’est pas naïve
L’espoir d’un monde plus juste et pacifique repose sur la participation active, la solidarité et la construction collective d’alternatives. On peut agir à son niveau : rejoindre des organisations, écrire, manifester, s’informer autrement, participer à des actions collectives. Il existe une diversité des formes d’engagement (local, international, artistique, militant).

La critique des politiques publiques, notamment l’augmentation des budgets militaires et le soutien à des entreprises impliquées dans des violations des droits humains comme la campagne envers la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) est un moteur de changement. Pour cette militante de la foi, la promotion de la paix et de la justice implique aussi le dialogue interreligieux.