Noémi Tiphaine Banhié, participante à la délégation de LOJIQ au rendez-vous E & D pour Engagé.es et Déterminé.es

Réuni.es à Paris lors du week-end Engagé.es et Déterminé.es (anciennement Etudiants & Développement), des jeunes issu.es de diverses associations ont partagé trois jours de réflexion autour des grands enjeux de la solidarité internationale. Parmi eux et elles, six jeunes faisaient partie du Collectif jeunesse du Québec. Cette participation a été rendue possible grâce au parcours d’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) proposé par Katalizo, avec l’appui de LOJIQ. À travers des ateliers participatifs, la jeunesse a démontré sa capacité à analyser, proposer et agir collectivement.

Créer des espaces où la jeunesse se sent légitime

Des membres du Québec et de France du collectif Jeunesse de Katalizo à la rencontre d’E&D.

Dans un contexte mondial marqué par des crises multiples, notamment les migrations forcées, les inégalités sociales et les enjeux environnementaux, la place accordée aux jeunes dans les espaces de réflexion reste trop souvent limitée. Pourtant, des initiatives comme le parcours ECM de Katalizo montrent à quel point l’accompagnement, la formation et la mise en réseau des jeunes peuvent favoriser une participation active et éclairée aux enjeux de la solidarité internationale.

Tout au long de l’événement, un climat de confiance et d’écoute s’est installé. Les interactions entre participant.es ont été riches, respectueuses et profondément réfléchies. Chacun.e a pu partager son point de vue, nourri par ses expériences personnelles, associatives ou militantes. Ces espaces de rencontre et d’échange permettent aux jeunes de se sentir légitimes, outillés et capables de contribuer à des réflexions collectives sur des thématiques complexes et actuelles.

Un élément particulièrement marquant a été de constater que toutes les personnes organisatrices de l’événement étaient elles-mêmes des jeunes. Cette réalité donne tout son sens à l’approche «fait par les jeunes et pour les jeunes», en démontrant que la jeunesse est pleinement capable de concevoir, organiser et animer des espaces de dialogue et de mobilisation.

Jour 2 : un atelier pour aborder la migration autrement

Une partie de la délégation de Lojiq à E&D (dans l’ordre habituel): Noemi, Siyuan, Baowa et Biaba

Lors de la deuxième journée, j’ai participé à un atelier consacré à la thématique de la migration, abordée à travers des activités pédagogiques et ludiques. Le parcours immersif dans les pas d’un réfugié, conçu par Forum Réfugiés-Cosi, a constitué un moment fort de cet atelier.

À travers ce jeu, les participant.es ont suivi le parcours d’un personnage engagé dans une procédure de demande d’asile en France. Les différentes étapes ont permis de comprendre concrètement les obstacles administratifs, les délais, les incertitudes et la complexité des démarches auxquelles font face les personnes réfugiées. Cette approche sensible et interactive a favorisé une meilleure compréhension des réalités migratoires, loin des discours abstraits ou déconnectés des vécus.

L’atelier s’est conclu par des quiz en petits groupes, toujours en lien avec la solidarité internationale, renforçant à la fois les connaissances et la dynamique collective.

Jour 3 : construire des plaidoyers à partir des réalités vécues

Le troisième jour était consacré à la poursuite des ateliers de démocratie participative. Les jeunes ont été réparti.es en plusieurs groupes de travail autour de thématiques variées : environnement et peuples autochtones, décolonialité et interculturalité, inclusion, migration, ainsi que presse et médias.

Le travail s’est poursuivi au sein du groupe portant sur la migration. À partir de problématiques identifiées collectivement, chaque groupe devait formuler, en un temps limité, des solutions concrètes et structurées. L’objectif était de transformer des constats partagés en propositions directement actionnables, destinées à nourrir des plaidoyers porteurs de sens.

Les propositions ont ensuite été discutées, défendues et soumises à un vote collectif, inspiré du fonctionnement des conventions citoyennes. Parmi les idées mises de l’avant figurait notamment la nécessité de mieux visibiliser les personnes immigrées et réfugiées dans l’espace public et d’encadrer le temps de parole dans les débats, ainsi que la création d’outils favorisant un accès plus équitable à la mobilité internationale.

La jeunesse, moteur de la solidarité internationale

Ces trois jours ont rappelé une évidence : les jeunes ne sont pas uniquement des bénéficiaires des politiques de solidarité internationale, ils et elles en sont des acteur·rices à part entière. Lorsqu’on leur donne la parole, les outils et des espaces adaptés, ils sont capables de créer des lieux de rencontre, de dialogue et de réflexion, mais aussi de formuler des plaidoyers ancrés dans des réalités concrètes.

À travers des initiatives comme le parcours ECM de Katalizo et des événements tels que Engagé.es et Déterminé.es!, la jeunesse démontre qu’elle est prête à s’engager durablement pour une solidarité internationale plus juste, inclusive et participative.