Cuba : pour une solidarité mondiale face à Trump !

Automobiles à La Havane @ Ji-Elle, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
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Par Thierry Parisi Bienvenue, correspondant

Instauré par les États-Unis en 1962, le blocus contre Cuba perdure et s’intensifie sous l’administration de Trump. Ce dernier souhaite accentuer l’isolement du pays en provoquant une crise énergétique et en augmentant la pression politique déjà sévère, dont les répercussions pèsent directement sur la population cubaine. La situation s’est encore détériorée après l’intervention militaire américaine au Venezuela, lorsque Trump a empêché Cuba d’importer du pétrole vénézuélien. L’embargo prive l’île d’une source d’énergie vitale, aggravant une crise économique sans précédent. 

La menace impérialiste de Trump

Les restrictions drastiques en matière de carburant ont entraîné une pénurie d’électricité dans les foyers, des coupures de courant dans les écoles, les hôpitaux, les cliniques et les pharmacies. La pénurie touche également les approvisionnements en nourriture, en médicaments et en carburant. L’île des Caraïbes se retrouve plongée dans l’obscurité, faisant face à une sévère crise économique et humanitaire. L’industrie du tourisme est affectée notamment en raison de l’annulation des vols vers Cuba à cause de l’impossibilité du ravitaillement en carburant pour le retour.

On rapporte qu’en mer, des pétroliers seraient saisis par la marine états-unienne. Dans les villes, les bus sont immobilisés. À La Havane, les voitures rétro ne roulent plus. Par conséquent, les mesures coercitives ont plongé Cuba dans une situation étouffante où les échanges commerciaux et l’approvisionnement en carburant sont contrôlés par l’action du gouvernement impérialiste de Donald Trump. Il a d’ailleurs déclaré son intention de renverser le gouvernement cubain d’ici la fin de l’année, en suggérant que Marco Rubio, le secrétaire d’État des États-Unis, serait un candidat idéal pour la présidence cubaine.

La longue histoire des conséquences du blocus de Washington

Cuba connaît des difficultés économiques depuis l’imposition du blocus en 1962. Une pénurie similaire à celle d’aujourd’hui fut vécue dans les années 1990 après l’effondrement du bloc de l’Est. Les villes font face à des pannes d’électricité qui durent plusieurs heures par jour.

Puis, la pandémie de COVID-19 a entraîné une contraction de l’économie cubaine, une crise sanitaire qui a considérablement réduit le tourisme, ainsi qu’une pénurie de devises fortes, comme le dollar américain ou l’euro. Celles-ci contribuaient à maîtriser l’inflation et à financer les importations. Depuis 2020, des millions de Cubains et Cubaines ont dû quitter leur pays pour assurer leur survie. En 2024, Cuba a demandé l’aide du Programme alimentaire mondial des Nations unies pour combler les besoins nutritionnels urgents des enfants.

Cette fragilité à Cuba est ancrée dans une longue histoire de confrontation autour de la première révolution socialiste en Amérique face à l’hégémonie capitaliste des États-Unis. Afin de stimuler une crise sociale et nourrir une subversion interne sur le territoire cubain, depuis 1959, les États-Unis ont tenté sans relâche d’asphyxier l’île par diverses sanctions, comme le rappelle Jacques Lanctôt dans le Journal de Montréal.

La nécessaire solidarité internationale 

La solidarité de certains gouvernements et de l’ONU s’est exprimée en faveur de Cuba pour contrer l’étranglement des mesures de Trump. Volker Türk, responsable du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations-Unies, a réitéré le 13 février dernier l’appel à la levée des sanctions. María Fernanda Carrascal, membre de la Chambre des représentants de Colombie, a affirmé que la solidarité pour Cuba était un devoir.

Claudia Sheinbaum, la présidente mexicaine, est demeurée fidèle envers Cuba en envoyant plus de 814 tonnes de vivres en soutien.

Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, Eneas De Troya, CC BY 4.0

Malgré l’élection du gouvernement d’extrême droite au Chili, le ministre des Affaires extérieures du gouvernement sortant de gauche, toujours en place avec la transition du pouvoir, a promis l’envoi de denrées via l’UNICEF. Il en est de même de l’Espagne, qui a annoncé le 16 février une aide humanitaire via l’ONU. La Russie et la Chine ont contesté l’embargo des États-Unis. La Russie envisage d’envoyer du pétrole et la Chine du financement.

Au Canada, le ministre Dominic LeBlanc a indiqué qu’une annonce d’aide humanitaire viendrait sous peu, mais la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, n’a toujours pas clarifié la position du Canada face à celle du gouvernement des États-Unis. Rappelons que le Canada est un des seuls pays occidentaux à avoir maintenu des relations avec Cuba. Selon le journaliste de CBC, Kevin Maimann, le Canada se refuse d’apporter un soutien à La Havane, notamment en matière de carburant, de nourriture et de médicaments, ne voulant pas indisposer davantage les États-Unis. Seuls le NPD et le Bloc québécois insistent sur la nécessité d’une exportation d’aide humanitaire. Une pétition à la Chambre des Communes à l’initiative d’Alexandre Boulerice est disponible jusqu’au 20 avril.

La mobilisation populaire des mouvements sociaux est essentielle

Plusieurs mouvements, syndicats et organisations citoyennes se mobilisent pour aider Cuba à faire face aux pénuries provoquées par le blocus. Cette mobilisation des mouvements sociaux est essentielle pour aider la population cubaine, mais aussi pour maintenir la pression auprès des gouvernements pour qu’ils se distancent face aux politiques de Trump.

Au Royaume-Uni, en France, au Québec, différentes manifestations et actions de solidarité se développent. Une flottille internationale appelle à converger le 21 mars à La Havane. Nous revenons sur ces manifestations de solidarité dans la présente édition du Journal.