Forum social thématique sur l’extractivisme : un pas en avant

 

Nicola Bullard, 22 Novembre 2018

Le Forum social thématique sur l’économie minière et extractiviste a été principalement organisé par People’s Dialogue : il s’agit d’une initiative élaborée par l’Afrique australe et l’Amérique Latine dans le but de créer des alternatives au modèle économique néolibéral. De nombreux acteurs et organisations clés de People’s Dialogue ont été impliqués dans le FSM depuis le début, en particulier Moema Miranda, anciennement d’IBASE Brésil et maintenant à la Coordination nationale de Inter-Franciscan Service for Justice, Peace and Ecology – Brésil; Mercia Andrews de Trust for Community Outreach and Education (TCOE) du Cap et Brian Ashley de Alternative Information and Development Centre (AIDC), également au Cap. Parmi les autres membres du groupe organisateur figuraient des membres du réseau CIDSE (CCFD-Terre Solidaire, DKA, Fastenopfer, Miserior), le London Mining Network, la Philippines Alliance for Environment and Community Rights, le Transnational Institute, le WoMIN (Réseau des femmes et des mines d’Afrique australe), la Fondation Rosa Luxemburg, les Franciscans International, etc. La réalisation de ce projet a pris plus de 2 ans, avec un budget limité et une coordination plus collective que rémunérée.

Les participants

Plus de 500 personnes ont participé à la cérémonie d’ouverture du 12 novembre, organisée par les mouvements et les communautés sud-africaines : quelques discours et surtout beaucoup de musique. C’était un événement très intense. Les jours suivants, il y a eu 250 à 300 participants, venus de plus de 60 pays, dont 28 pays d’Afrique (Nord, Ouest, Centre, Est et Sud). On peut parler d’un énorme succès avec la participation de personnes de tout le continent. Je n’ai pas la liste finale des participants, mais selon moi il y avait entre 20 et 30 participants de chacun des continents suivants: Amérique Latine, Asie, Amérique du Nord et Europe. Une représentation plurielle qui comprenait des communautés affectées par l’extraction minière, des organisations de femmes, des syndicats, des groupes environnementaux, des organisations indigènes, des universitaires, des organisations confessionnelles, des pêcheurs, des agriculteurs, des LGBTI, des jeunes et des groupes alliés.

Une très active participation des femmes et des organisations de femmes à ce Forum qui a apporté une contribution déterminante à l’analyse et à l’orientation de la politique globale.

Le programme

Après la cérémonie d’ouverture du premier jour, il y a eu deux sessions d’événements auto-organisés. Les deux activités auxquelles j’ai participé – sur les femmes et les industries extractives et sur la transition équitable – étaient tout à fait bien organisées avec un contenu et des discussions denses.

Les 2ème, 3ème et 4ème jours, le programme était organisé par le comité de coordination, avec des plénières, des tables rondes, des assemblées thématiques et de convergences. Le comité de coordination avait pour objectif de produire un document politique fondé sur les discussions et les propositions des convergences et des assemblées, qui serait débattu et adopté en plénière. Globalement, ce processus a semblé bien fonctionner : la déclaration finale et le plan d’action reflètent les débats et l’analyse de l’ensemble du Forum.

Il est important de mentionner que la musique et la danse ont été au centre de la cérémonie de clôture et qu’il n’y a eu que peu de discours. D’ailleurs je pense que nous avons tous beaucoup à apprendre des Sud-Africains pour apporter musique et gaieté en matière de politique et de résistance.

 

Résultat

Le titre de la déclaration finale résume les principales réalisations politiques de la TSF.

«Notre droit de dire non» (# Right2SayNo) affirme le droit des communautés à dire non à l’extraction minière et à l’extractivisme : ce slogan reconnaît que les communautés qui sont directement affectées sont les protagonistes de la lutte contre l’extractivisme et il réunit sous une bannière commune différentes réalités et contextes.

La Déclaration et le Programme d’action articulent le «droit de dire non» avec d’autres discours, mouvements et campagnes, tels que la Campagne mondiale pour le démantèlement du pouvoir des entreprises et l’élimination de l’impunité, la justice climatique, les mouvements éco-féministes et indigènes, la souveraineté alimentaire, etc…. Par conséquent, le «droit de dire non» est fermement enraciné et représente un plus pour les mouvements, les réseaux et les campagnes altermondialistes.

Prochaines étapes

Le programme d’action de TSF, adopté en plénière, propose la tenue d’un deuxième forum en 2020. D’après mes discussions avec les participants asiatiques, ils seraient très enthousiastes à l’idée d’organiser cet événement en Asie. Je pense que ce serait une bonne idée car cela fait longtemps qu’il n’y a pas eu d’événement du type forum social international en Asie. Compte tenu du contexte difficile en Asie, l’organisation d’un tel événement pourraient constituer un véritable élan. Cependant, j’imagine que l’Amérique latine pourrait également susciter un réel intérêt, car la situation y est également complexe et difficile. Je pense en tout cas que le processus est très intéressant et devrait être soutenu.

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