Gaza: un taux de scolarisation record

Teacher's Creativity Center

Nous publions un court chapitre du livre La Fierté de Gaza de Dror Sinehebdo que l’auteur a présenté récemment au Québec.

Ce court texte présente la forte scolarisation de la population à Gaza. Avec les interventions israéliennes de nombreuses établlissements sont en ruine. On peut consulter la table des matières ici du livre.

par Dror Sinehebdo

Les deux plus grandes priorités à Gaza, à la fois pour sa population et pour ses administrations, sont la santé et l’éducation. Encore une spécificité palestinienne qui va à l’encontre des stéréotypes racistes.

Les réfugié·es palestinien·nes à Gaza, dans le reste de la Palestine mais aussi dans les camps de réfugié·es des pays voisins, sont connu·es pour avoir l’un des niveaux d’éducation les plus élevés au monde. Dans les années 1990, un réfugié de Gaza explique : « d’emblée les réfugiés ont compris qu’ils n’avaient plus rien et qu’il s’agissait de faire passer avant toute chose l’éducation des enfants ».

Le taux de scolarisation à Gaza est proche de 96 % (la moyenne mondiale est de 78 %), et concerne près de 660 000 élèves, en particulier grâce à l’UNRWA. Dans l’éducation supérieure, le taux de scolarisation est de 44 % (la moyenne mondiale est de 42 %), représentant près de 90 000 étudiant·es, soit 5 % de la population de la bande de Gaza (le même niveau qu’en France). Le niveau des études supérieures y est excellent, en particulier dans le domaine de l’ingénierie et de la santé, grâce aux moyens investis dans ces disciplines.

La bande de Gaza compte sept universités et 12 collèges d’éducation supérieure. Toutes les disciplines sont offertes, ce qui permet d’inciter les jeunes à ne pas tenter d’émigrer pour se former ailleurs. L’Université Islamique de Gaza est classée parmi les meilleures universités du monde arabe. Le Journal of Applied Science, édité par l’Université Al-Isra de Gaza est une revue scientifique reconnue dans le monde entier. À nouveau, ces descriptions concernent Gaza avant le 7 octobre 2023.

Ces 20 dernières années, le taux d’alphabétisation global à Gaza est passé de 86 % à 97 % (la moyenne mondiale est de 87 %), et celui des femmes de 80 % à 95 %, malgré le blocus. On dit des Gazaoui·es qu’ils et elles incarnent l’une des populations les mieux éduquées au monde, par nécessité, par talent, et peut-être aussi parce que c’est l’une des seules occupations, porteuse d’espoir pour l’avenir, dans ce territoire coupé du reste du monde.

Comme moi, vous avez peut-être été étonné·es, dans les images qui nous parviennent de Gaza, d’entendre des jeunes qui parlent parfaitement l’anglais, voire le français, alors qu’ils et elles ne sont jamais sorti·es de leur bande de terre. Par ailleurs, on l’a dit, Gaza comprend un grand nombre de personnes en situation de handicap, ce qui pose aussi la question de la prise en charge de l’éducation des enfants à besoins particuliers. Par exemple, depuis 1992, l’ONG palestinienne Atfaluna Society for Deaf Children travaille à Gaza dans le domaine de l’éducation des personnes sourdes.