Dans des déclarations distinctes, le Comité des droits humains en Amérique latine (CDHAL) et le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) ont dénoncé l’intervention des États-Unis au Venezuela.
Il s’agit de deux organismes clés de la solidarité internationale parmi les plus anciens au Québec. Le CDHAL fête son 50e anniversaire cette année, alors que le CISO l’a fêté l’an dernier. Le CDHAL déploie ses projets dans plusieurs pays latino-américains et détient une expertise de premier plan sur la situation latino-américaine. Le CISO regroupe six organisations syndicales nationales et 81 groupes associés, dont plusieurs fédérations, syndicats ou sections locales.
Il s’agit de déclarations qui expriment la position des mouvements sociaux au Québec. À comparer à celles des gouvernementets, elles expriment un soutien sans équivoque à la souveraineté du peuple vénézuélien. – la rédaction
Déclaration de l’équipe de travail du Comité pour les droits de humains en Amérique latine
Devant les événements récents auxquels fait face le peuple vénézuélien, provoqués par l’attaque militaire du gouvernement des États-Unis d’Amérique contre la République bolivarienne du Venezuela le 3 janvier dernier, qui a fait cent morts et entraîné l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, le CDHAL se joint aux manifestations internationales de condamnation de ces actes impérialistes. Nous exprimons notre solidarité avec les familles des victimes décédées lors de cet attentat et adressons une accolade fraternelle aux Vénézuéliens et Vénézuéliennes qui résistent.
Plus d’une semaine après ces événements, nous constatons avec inquiétude que les actions interventionnistes du gouvernement Trump affectent non seulement le Venezuela, mais toute la région latino-américaine, en particulier les pays dont les gouvernements défendent leur souveraineté face aux pressions des États-Unis.
L’attaque militaire contre le Venezuela a été menée sous de faux prétextes de paix et de libération du narco-État. Ces arguments fallacieux ne visent qu’à justifier l’injustifiable: l’occupation et le vol des réserves pétrolières et des ressources naturelles de ce pays. Il va sans dire que cette intervention affecte également des pays comme Cuba, qui reçoivent une aide énergétique en raison du blocus commercial imposé par les États-Unis depuis plus de cinq décennies. Retransmise à la télévision et vue par des millions de personnes à travers le monde, cette attaque militaire a été transformée en un spectacle de victoire pour les États-Unis, provoquant la désinformation et la division de l’opinion internationale.
L’idéologie du trumpisme et l’attaque contre le Venezuela auront un impact négatif sur les pays qui organiseront des élections présidentielles cette année : le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, le Pérou et Haïti. L’instrumentalisation de la peur sera utilisée comme une stratégie par l’extrême droite et ses médias pour manipuler et contrôler la population, afin de valider l’interventionnisme des États-Unis et leur position de pouvoir.
Les récentes élections au Honduras 2025 en sont un exemple : plusieurs organisations de ce pays ont dénoncé le fait qu’après l’intervention du président Trump dans les élections générales honduriennes, le Conseil national électoral (CNE) a déclaré président élu le candidat préféré de Trump, Nasry Asfura, du Parti national. Peu après les élections, Trump a tenu sa promesse de gracier l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández (JOH), également membre du Parti national. JOH purgeait une peine de 45 ans de prison pour trafic de drogue et crimes liés aux armes aux États-Unis.
Face à l’interventionnisme cynique et aux menaces des États-Unis envers l’Amérique latine, en tant qu’organisation canadienne, nous exigeons que le gouvernement de notre pays se prononce, non seulement en faveur du droit international, mais aussi contre l’occupation et l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela.
Nous devons souligner que face à cette période sombre pour le monde et en particulier pour les pays du Sud, nous voyons des lueurs d’espoir et de résistance. Nous voyons le peuple vénézuélien fermement opposé à l’interventionnisme militaire, un peuple qui résiste dignement aux menaces constantes de l’impérialisme, les rues bondées dans différentes villes ne peuvent être ignorées. On voit également émerger des projets sociaux qui, contre toute attente, ont donné naissance à des initiatives d’organisation et d’action ici et là. Nous entendons des milliers de voix qui, depuis les rues, réclament une paix véritable, et non la fausse paix que les traîtres à la patrie s’octroient en échange de récompenses. Nous voyons comment la communauté internationale rejette le projet militaire et interventionniste, en organisant ou en renforçant des comités de soutien en faveur du peuple vénézuélien, qui est un exemple de mobilisation et de dignité contre le néo-impérialisme de l’ère Trump.
Depuis Montréal, au Canada, nous adressons nos salutations fraternelles et solidaires aux Vénézuéliens qui se trouvent à l’intérieur et à l’extérieur du Venezuela. Ainsi qu’aux organisations qui, depuis le territoire, résistent, défendent et reconstruisent leur projet de pays tel que Bolívar l’avait rêvé, un Venezuela de printemps éternel, libre et souverain!
L’équipe CDHAL, jenvier 2026
Le CISO dénonce l’interventionnisme étatsunien au Venezuela et exprime sa solidarité envers le peuple vénézuélien
Le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) dénoncepar les États-Unis contre le Venezuela, ainsi que l’enlèvement du prés catégoriquement l’attaque illégale et meurtrière menée ident Nicolás Maduro et de la première dame Cilia Flores. Nous condamnons le bombardement de cette nation souveraine et tous les prétextes utilisés pour le justifier.
Cette agression constitue une menace à la stabilité régionale et internationale et une violation flagrante de la Charte des Nations Unies, ainsi que des lois et de la constitution des États-Unis. Peu importe le prétexte utilisé, les ressources naturelles et industrielles du Venezuela appartiennent à son peuple, qui devrait pouvoir décider librement de son développement économique et de leur usage. Nous affirmons notre soutien aux travailleuses et travailleurs du Venezuela, à son mouvement syndical et à sa société civile, qui seront les premières victimes d’une prise de contrôle étatsunienne de leur système politique et économique.
La population du Venezuela fait face depuis de nombreuses années à une détérioration de ses conditions de vie causée en grande partie par les sanctions imposées à ce pays, ainsi qu’à une dégradation de la démocratie pour la population vénézuélienne. Depuis 2013, ces sanctions économiques n’ont jamais été approuvées par les Nations Unies. Par ailleurs, peu importe les difficultés internes d’un pays, l’intervention illégale d’une puissance étrangère ne peut en être la solution, qui doit résulter du pouvoir collectif du peuple vénézuélien.
Cette ingérence illégale constitue une escalade de l’impérialisme étasunien et de ce fait, est une menace à tous les peuples et pays de la région, relançant ouvertement la tristement célèbre Doctrine Monroe. L’Amérique latine et les Caraïbes ont souffert depuis des décennies les invasions (Grenade, Panama, Mexique), les blocus (Cuba), les guerres par procuration (Guatemala, Nicaragua) et les coups d’État (Chili, Haïti), imposés par les États-Unis. Ces actions violentes ont été faites au service de leurs intérêts économiques et en faveur de leurs grandes compagnies. La politique étrangère américaine récente affirme hors de tout doute que l’intention de l’administration Trump est d’exercer un contrôle total sur la région et ses ressources. Pour le CISO, il est incontestable que le respect de la souveraineté des pays, et plus encore son pendant, l’autodétermination des peuples, sont des principes fondamentaux du droit international dont la violation doit être fortement condamnée.
Le CISO s’oppose à tout interventionnisme étatsunien, dans toutes les Amériques et dans le monde et à la course aux armements qu’elle relance. Il conçoit qu’il constitue une menace contre l’ensemble des pays des Amériques, dont le Canada.
Le gouvernement canadien doit agir concrètement pour défendre le droit international, maintenir et rétablir la paix, et condamner l’agression militaire des États-Unis afin de prévenir une aggravation de la situation vénézuélienne et la réinstauration du règne du plus
fort comme fondement des relations internationales. Le CISO réitère son engagement en faveur de l’égalité entre les nations, l’autodétermination des peuples, le droit international et la paix et sa solidarité particulière avec la population du Venezuela, mais aussi celles des pays et territoires qui pourraient être ciblés prochainement : Cuba, la Colombie, le Mexique, l’Iran et le Groenland.
Ce texte a été adopté à l’unanimité par le conseil d’administration du CISO du 16 janvier 2026








