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Par Hassan El-Khansa, correspondant
Dans le cadre de la 78e commémoration de la Nakba, des centaines de personnes ont pris part à la manifestation Nakba 78 organisée par le Mouvement de la Jeunesse palestinienne (MJP) — Montréal, devant le consulat israélien le 16 mai dernier. L’événement a été endossé par plus d’une centaine d’organisations de la société civile.

Dans une ambiance mouvementée et de protestation, de nombreux drapeaux palestiniens étaient visibles devant le consulat israélien. Plusieurs brandissaient également des images des détenus palestiniens, tels que Hossam Abou Safiya et Marwan Barghouti. Derrière une barricade policière, une contre-manifestation arborant des drapeaux israéliens et iraniens associés au régime du Shah était présente sur fond de musique techno, adoptant une attitude provocatrice tout en tenant un discours pro-israélien.
Des membres du MJP, ainsi que Chantal Ide du Conseil central de la CSN à droite sur la photo ci-contre, une membre de la Global Summud Flotilla et une activiste autochtone ont pris la parole. Le rassemblement, amorcé devant le consulat israélien, s’est poursuivi par une marche jusqu’au carré Philips.
Les prises de parole du MJP ont mis de l’avant l’importance de la résistance, de l’anti-impérialisme, la cessation des liens avec Israël, la situation humanitaire à Gaza, ainsi que de rendre justice pour la Nakba. Ils ont également rendu hommage à des figures marquantes du martyrisme palestinien, telles que Hind Rajab, une fillette gazaouie de six ans tuée par une rafle de plus de 300 balles par l’armée israélienne, ainsi qu’Anas Al-Sharif, journaliste palestinien renommé, mort dans un bombardement israélien.

Boutaïna Chafi, membre du MJP, souligne que la manifestation ne constitue pas seulement pas une commémoration, mais également un rappel au gouvernement que l’opinion publique québécoise est largement propalestinienne, d’où l’endossement de plus d’une centaine d’organisations de la société civile. Elle souligne également que la continuation de la mobilisation demeure importante pour ne pas normaliser la violence faite aux peuples dans la région. Quant à la contre-manifestation, elle estime que ceux-ci envoient un message de soutien aux actions criminelles des États-Unis et de l’État hébreu contre leur pays, nombreux d’entre eux semblant être des Iranien.nes de la diaspora qui s’opposent au régime actuel.
La rupture avec l’entité sioniste
Raymond Legault, porte-parole de la Coalition du Québec Urgence Palestine, reconnaît que la rupture totale des liens entre le Québec et l’entité sioniste est un « objectif très ambitieux ». Il mentionne tout de même quelques gains qui ont été obtenus jusqu’à présent, tels que l’abandon de la commandite de l’équipe de cycliste israélienne par Premier Tech et le retrait des investissements de la Banque Scotia dans Elbit Systems, une entreprise israélienne d’armement. Il fait savoir que récemment, la Caisse de dépôt et placement du Québec a fait pression sur une firme d’ingénierie québécoise WSP pour que cette dernière ferme son bureau en Israël.
Il insiste sur l’importance de continuer la mobilisation, pour qu’il y ait une rupture bilatérale des relations entre le Québec et le Canada vis-à-vis d’Israël, incluant la fermeture du Bureau du Québec à Tel-Aviv. Il fait également écho à la campagne Sortons la Caisse des crimes en Palestine lancée au printemps 2025 et son succès d’adhésion syndical.
La manifestation s’est conclue par des invocations islamiques, soit des du’a, ainsi que par une déclaration finale : « On espère que la prochaine fois qu’on prend la rue, c’est parce que la Palestine sera libérée ».









