Canada : comment combattre ce royaume de l’extractivisme

Richard Fidler, extrait d’un texte paru dans Life on the left, 18 novembre 2019

«L’industrie minière continue d’être à l’avant-garde de la dépossession coloniale dans le monde entier. Il contrôle les informations sur ses coûts et avantages intrinsèques, propage des mythes sur sa contribution à l’économie, façonne la politique et la réglementation du gouvernement et traite sans pitié ses opposants.

«Débordant d’études de cas, d’anecdotes, de ressources et d’illustrations, Unearthing Justice expose le processus minier et ses impacts externalisés sur l’environnement, les peuples autochtones, les communautés, les travailleurs et les gouvernements. Mais, le plus important, le livre montre comment les gens se défendent. Que ce soit pour arrêter une mine avant qu’elle ne commence, pour nettoyer une mine abandonnée, pour changer les lois et les politiques ou pour lancer une campagne d’influence sur les investisseurs, Unearthing Justice est un manuel essentiel pour quiconque tente de protéger les l’amour. »

C’est ce que dit Mining Watch Canada , l’organisation de surveillance des mines basée à Ottawa et fondée en 1999 par Joan Kuyek. Dans ce livre, Kuyek associe brillamment sa connaissance approfondie de l’industrie minière et son contrôle total de la politique gouvernementale aux précieuses leçons qu’elle et ses collègues ont apprises dans les luttes communautaire dans la région minière de Sudbury.

Comme le rapporte Kuyek, le Canada est une puissance minière mondiale. Ses deux principales bourses, la TSX et la TSX Venture, représentent près de 20% du total des actions minières levées à l’échelle mondiale. «En 2015, la TSX et la TSXV ont répertorié 57% des sociétés minières cotées en bourse du monde, qui ont négocié ensemble plus de 148 milliards de dollars d’actions. 32% du nombre total de sociétés d’exploration et d’exploitation minière dans le monde avaient leur siège social au Canada.

«Selon Ressources naturelles Canada, les sociétés minières canadiennes exercent leurs activités dans plus de cent pays du monde. En 2017, le Canada avait investi 62,6 milliards de dollars en investissements miniers à l’étranger. Ses exportations de minéraux et de métaux ont atteint 91,7 milliards de dollars en 2015, dont 56% vers les États-Unis ».1

Selon l’Association minière du Canada, l’industrie emploie plus de 426 000 personnes à travers le pays dans les domaines de l’extraction, de la fusion, de la fabrication et de la fabrication de minéraux, et emploie indirectement 206 000 autres personnes. Le Canada se classe parmi les cinq premiers pays du monde en ce qui concerne la production de 16 principaux minéraux et métaux.

L’industrie bénéficie des régimes d’imposition et de redevances du Canada, qui comptent parmi les plus laxistes au monde. À l’étranger, les sociétés minières canadiennes sont protégées et promues par la «diplomatie économique» pratiquée par les ambassades d’Ottawa et financée par les banques canadiennes et la Société pour l’expansion des exportations du gouvernement fédéral.

Une attention particulière est accordée à «l’économie écologique» du secteur. Kuyek explique comment les sociétés minières ignorent ou sous-estiment systématiquement les coûts sociaux et environnementaux des activités minières, les «externalités» non couvertes par la comptabilité des projets. «L’un des endroits où l’économie écologique revêt une importance stratégique, écrit-elle, réside dans l’évaluation environnementale – le processus gouvernemental consistant à examiner les effets sur l’environnement avant d’autoriser la réalisation de grands projets.» Elle énumère de nombreuses questions cruciales ignorées par l’économie classique. , et cite un mouvement croissant pour élargir le système de comptes publics afin de suivre l’épuisement du capital naturel et la santé de la population, des cultures et des services sociaux de nos communautés. »Dans le même temps, elle reconnaît limitations de cette approche.

Tout au long de son parcours, Kuyek illustre son récit par des exemples frappants tirés des luttes menées par des communautés, pour la plupart autochtones, pour arrêter la prospection sur leurs terres ou limiter les dommages résultant de l’installation, de l’exploitation et de la fermeture d’activités minières.

Un dernier chapitre, particulièrement intéressant, propose des moyens de «mettre le secteur minier à sa place». Parmi les nombreuses suggestions qu’elle propose, une proposition réglementaire clé consiste à forcer les sociétés minières à supporter l’intégralité du coût de l’extraction de métaux et de gemmes. Bien que, comme Kuyek l’a dit plus haut, cela ne puisse à lui seul compenser le coût total pour la nature et la société humaine, elle maintient que «contraindre les entreprises à internaliser même une partie de leurs coûts rendra la plupart des mines non rentables». Plus fondamentalement, elle dit: «Nous voulons tous des économies stables qui soignent l’environnement et ne polluent pas les eaux, la terre et l’air … Nous voulons des moyens de subsistance qui préservent la planète et les communautés. »

Il est également important de prendre des mesures pour aider les employés à «passer de l’économie de l’extraction à une économie durable…». Kuyek souligne que parmi les centaines de milliers de travailleurs employés dans le secteur minier canadien, seule une proportion relativement faible travaille dans les industries extractives, et un plus petit nombre sont dans le recyclage de la ferraille. « Le passage de l’extraction à la réutilisation et au recyclage ne risquerait pas de compromettre les emplois en aval dans les fonderies, les raffineries ou la fabrication. »

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