Haïti : sale histoire de mercenaires

 

On ne peut encore savoir quelle était la destination finale du commando de mercenaires qui a été appréhendé dimanche soir (17 février) par la Police nationale d’Haïti alors que ses 8 membres se déplaçaient au centre-ville de Port-au-Prince dans deux véhicules sans plaque d’immatriculation.
Les 8 individus (un Haïtien et 7 étrangers dont 5 Américains, un Russe et un Serbe) se trouvaient toujours détenus ce mardi dans les locaux de la police haïtienne.
Après avoir annoncé leur arrestation et présenté le corps du délit (une quantité importante d’armes de guerre, des téléphones satellitaires, des drones professionnels et une profusion de munitions ainsi que 5 plaques d’immatriculation haïtienne), les autorités judiciaires se refusent à tout commentaire, renvoyant les journalistes d’un rendez-vous à l’autre, la preuve que c’est une patate chaude qui leur est tombée dans les mains.
En effet c’est le cas.
Outre l’important arsenal qu’ils transportaient, qui sont les 8 membres du commando, pour ne pas dire les 8 mercenaires ?
D’après les photographies, ce ne sont pas des teen-agers, mais des gens qui ont une profession établie, dont la profession serait le métier des armes.
Nous mettrons l’haïtien qui les accompagnait de côté. C’est un certain Michael Estera, domicilié à Laboule, qui laisse l’impression d’avoir servi simplement comme guide pour ces étrangers qui, parait-il, ne parleraient créole ni français. En tout cas, la plupart d’entre eux.
Bien entendu, c’est un événement sans précédent chez nous, et différentes interprétations circulent dans le public.
Dont la principale : ce sont des mercenaires que le régime Jovenel Moïse-PHTK a fait venir pour le débarrasser de ses opposants les plus virulents dans une crise qui menace de le renverser du pouvoir.
Certains membres de l’opposition disent se souvenir de manifestants qui avaient été abattus auparavant par ce qui leur semblait être des ‘snipers’, ou tireurs professionnels.
Cependant un coup d’œil sur l’arsenal trouvé en possession de ces messieurs laisse voir principalement des armes de guerre (mitraillettes, couteaux etc…) quoique aussi des fusils à lunette.
Cependant autre raison pour mettre en doute (mais bien sûr pas totalement car on ne sait jamais) la thèse d’exécuteurs professionnels engagés par le gouvernement haïtien pour le débarrasser de certains opposants, c’est une pièce d’identité (plus précisément la page de garde d’un passeport) de l’un des individus arraisonnés et portant le nom de Kent Leland, né le 14 février 1967, en Californie, et (tenez-vous bien) avec la mention ‘Département d’Etat.’
Ce Kent Leland avait donc sur lui un passeport autorisé par le Département d’Etat américain.
Un autre membre du groupe (soulignons que tous les 7 étrangers paraissent être de race blanche) a un passeport délivré par la République de Serbie au nom de Danilo Bajagic.
On voit tous ces messieurs menottés au commissariat de police où ils venaient d’être conduits dimanche soir, après avoir vidé leurs poches dont le contenu s’étale sur le bureau du commissaire.
Que devient la thèse de mercenaires engagés par le président Jovenel Moïse pour venir assassiner des opposants quand l’un des individus en question travaillerait pour le Département d’Etat américain …
On se demande ce qu’en pense l’Ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince ?
Si c’est un faux passeport que trimballe le nommé Kent Leland, l’Ambassade aurait donc des précisions à apporter, outre que l’Ambassade est aussi une émanation bien sûr du Département d’Etat ou ministère américain des Affaires étrangères.
Cependant on voit difficilement le gouvernement Jovenel Moïse avoir jusqu’au pouvoir de déplacer des fonctionnaires américains pour venir exécuter pour lui le ‘dirty job’, s’il en est, de tuer des opposants.
Même si c’est le gouvernement Trump qui constitue aujourd’hui le principal soutien au maintien au pouvoir du président haïtien Jovenel Moïse, ce serait une exception sans précédent que la Maison blanche déplace ses propres fonctionnaires pour venir exécuter les basses œuvres d’un gouvernement allié, voire quand il s’agit du pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental !
Mais encore une fois c’est l’Ambassade américaine seule qui pourrait nous édifier à ce sujet.
Une autre thèse veut que le commando, qui a été arrêté non loin du siège de la banque centrale (BRH), au bas de la capitale, se préparait peut-être à casser la banque ?
Bon, là encore même si dans les films français du genre, on peut voir Jean Gabin et Alain Delon, débarquer en tenue de soirée pour percer les coffre forts, il est rare qu’ils aient besoin aussi de téléphones satellitaires et de drones professionnels, mais qui sait ! On ne fait rien aujourd’hui sans le numérique.
De plus, y a-t-il tant de millions dans les coffres de la BRH qui méritent une telle expédition alors que la gourde est à son plus bas en termes d’équivalence en dollars verts.
De plus tout l’or de la BRH ne suffirait pas pour financer une telle expédition étant donné qu’aujourd’hui les opposants au président Jovenel Moïse c’est près de 11 millions d’habitants !
Ceci étant dit, il existe une troisième hypothèse c’est que ce commando aurait pu être tout simplement de passage et vers une autre destination … N’a-t-on pas entendu qu’aucun de ces messieurs ne parle ni créole ni français.
N’oublions pas qu’il existe un autre point bien plus chaud que Haïti dans la région, et bien entendu c’est le Venezuela du président Nicolas Maduro.
De plus l’administration Trump est en train de prendre toutes les dispositions, dit le président américain lui-même, pour se débarrasser du régime socialiste vénézuélien, quitte à recourir à une intervention militaire (dixit).
Or une délégation mandatée par le président Jovenel Moïse et conduite par le chancelier haïtien Edmond Bocchit rencontrait la semaine dernière à Washington (source Miami Herald) les officiels américains directement impliqués dans le dossier Venezuela-Maduro.
Là tout s’enchaine : le commando arrêté par la police serait en route pour le Venezuela (avec autorisation du gouvernement haïtien), ce ne sont pas des mercenaires mais des fonctionnaires ou des professionnels du métier des armes au service du gouvernement américain (ex-militaires, qui sait), ce qui justifierait aussi le type d’armements trouvé entre leurs mains …
Et seule la chaine de communication qui devait faciliter leur passage incognito, sans se faire remarquer, qui n’a pas fonctionné comme attendu, crétinisme ou manque d’expérience dans ce genre d’aventure dans notre petit pays … D’ailleurs ne dit-on pas que le palais national a essayé de faire relâcher ce beau monde dès le lendemain lundi 18 février.
Mais hélas, le mal était déjà fait. Le monde entier est au courant. Reste aux deux gouvernements haïtien et américain à trouver un subterfuge quelconque. Ce qui est plus facile pour les dirigeants haïtiens car eux c’est dans ça qu’ils sont forts.
Surtout quand on a le feu vert de Mr. Trump !

 

 

 

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