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Contre le racisme et la xénophobie, pour un nouvel internationalisme

Catherine Samary, extrait d’un texte paru dans Contretemps, 11 octobre 2018

Le nouvel internationalisme du XXIème siècle doit se construire sur plusieurs fronts. Il doit s’opposer à la fois à Clinton et à Trump, à Macron et à Orbán en se dressant contre les désastres  sociaux et environnementaux de la globalisation capitaliste et ses monstres – fondamentalistes dictatoriaux athées ou cléricaux de toutes religions. Il ne peut se construire qu’en prenant conscience de la réalité d’un Nord dans le Sud et d’un Sud dans le Nord – imposant des liens entre classes subalternes, contre tous les rapports de domination.

Tel est aussi  l’enjeu de la construction d’un réseau solidaire dans/contre/hors de l’UE. Pour être en mesure de transformer la crise de l’UE en exigence de mise à plat de ses Traités, il faut la puissance d’une rébellion démocratique ancrée dans les mobilisations des classes subalternes à la fois au centre de l’UE (en Allemagne, en France…) et dans quelques pays-phares de ses semi-périphéries de l’est  et du sud  (Slovénie, Etat espagnol?) qui imposent ensemble une telle exigence. En-deçà, des fronts larges, appuyés sur un Manifeste commun, devraient se construire contre tous les Macron/Merkel et tous les Orbán/Le Pen, en défense de droits pour tou·te·s, dans des villes, cités, pays mis en réseaux ; dans/contre/hors de l’UE.

Les luttes communes et concrètes pour des droits et contre toutes les violences, s’opposant à la fois à l’islamophobie et à tous les intégrismes permettront d’impliquer athées et croyant.es – aidant à surmonter les préjugés et les visions essentialisées. Les mouvements féministes deviennent puissants dans de nombreux pays et continents en impliquant des femmes de toutes origines et cultures qui s’attaquent aux oppressions de classe/castes, genre, race, à partir de cheminements et de contextes très divers. Ce sont autant de conditions permettant de dépasser ls préjugés, repenser et actualiser les  controverses sur les rapports entre religions et luttes d’émancipation, dans des contextes divers.

Le stigmate de « communautarisme » ou l’accusation de « diviser » le mouvement, est généralement épargné aux réunions et associations de femmes non mixtes tant l’expérience a démontré que cette auto-organisation était la condition de luttes mixtes plus puissantes, prenant en compte les demandes des femmes. Les mêmes méthodes combinant autonomie et cadres communs peuvent être pragmatiquement appliquées pour renforcer l’anti-racisme politique, surmonter les défiances, imposer que soient prises en compte et combattues les discriminations occultées. Cela vaut aussi bien contre tout rapport de domination dans les organisations politiques et syndicales, dans toute  association ou réseau, dans l’organisation même des luttes. L’aspiration des femmes, des jeunes, des travailleurs de toutes catégories, comme des nouvelles générations dites “issues de l’immigration”, à parler pour elles-mêmes, exprime une dignité que doivent assurer des droits égalitaires démocratiques réels. Ceux-ci doivent préfigurer ce que serait un socialisme/communisme du XXIème siècle à inventer – en bilan critique des expériences passées.

Le  regard des populations subalternes les plus discriminées, travailleurs des villes et des campagnes, salarié.es ou pas, précaires ou sans emplois, de tous genres, origine, couleur de peau – aide à changer l’horizon de pensée et d’action des autres. Le regard des migrant.es, fuyant les désastres sociaux, écologiques, militaires de la mondialisation capitaliste sous toute ses formes, doit modifier notre horizon de pensée et d’action.

 

 

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