Arabie saoudite : être féministe  mène en prison

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, extraits d’un texte paru dans Médiapart, 22 mars 2021
En Arabie saoudite, le féminisme est le mouvement le plus « bruyant » ces dernières années, et il est donc le plus réprimé, explique à Mediapart Lina al-Hathloul, sœur de la militante féministe Loujain, emprisonnée durant près de trois ans pour avoir défendu le droit des femmes à conduire, et toujours bâillonnée par le régime saoudien, malgré sa libération.

Le 10 février dernier, Loujain al-Hathloul était libérée après presque trois ans de prison. La militante féministe saoudienne croupissait derrière les barreaux depuis mai 2018 pour avoir notamment réclamé le droit des femmes à conduire une voiture en Arabie saoudite. Loujain al-Hathloul est de retour parmi les siens mais elle n’est pas libre.

Elle a interdiction de quitter le royaume wahhabite pendant cinq ans et elle reste en liberté conditionnelle pendant trois ans. Soit la prison hors de la prison, dans un pays qu’il faut décrire comme une dictature… Un mois après sa libération, le 10 mars, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 31 ans, a vu sa peine confirmée en appel.

« Le but du régime saoudien est de la briser, encore aujourd’hui », témoigne dans un entretien à Mediapart sa petite sœur Lina al-Hathloul, qui se mobilise contre l’injustice subie par son aînée et alerte sur le sort tragique des prisonniers politiques dans les geôles saoudiennes.

Lina al-Hathloul raconte comment Loujain est devenue la victime expiatoire du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, qui « considère toute opinion comme une forme de dissidence à son encontre, et la réprime donc » : « Le féminisme est le mouvement le plus “bruyant” en Arabie saoudite ces dernières années, et il est donc le plus réprimé. »

Depuis sa sortie de prison, Loujain al-Hathloul n’a encore jamais pris la parole publiquement. Et pour cause, l’une des conditions de sa libération conditionnelle, imposées par la « State Security », la police secrète de MBS, est de garder le silence sur les sévices endurés en détention et de ne pas parler aux journalistes.

 

Loujain aura passé près de trois ans en détention, dont plusieurs mois au secret. Elle a été torturée, victime de violences sexuelles. Elle a aussi mené des grèves de la faim et subi en représailles des privations de sommeil. « Lors de ses mois dans la prison secrète, l’appareil d’électrocution était collé à son oreille et était prêt à être déclenché si elle osait parler de ses conditions de détention et de la torture », décrit sa sœur Lina al-Hathloul.

Benjamine d’une fratrie de six, Lina al-Hathloul ne sait pas quand elle pourra serrer dans ses bras sa sœur Loujain comme ses parents. Elle vit en Belgique avec Alia, une autre de ses sœurs, sans pouvoir rentrer au pays : elle courrait le risque de ne plus pouvoir en sortir, voire d’y être emprisonnée. Toute sa famille, pas seulement sa sœur Loujain, est frappée d’une interdiction de voyager depuis 2018, soit une épée de Damoclès, au royaume de MBS, qui peut mener vers la détention ou la disparition.

« Lorsqu’on voit les charges retenues contre Loujain, “être en contact avec des ONG telles que Amnesty et des journalistes occidentaux”, ma sœur Alia, mon frère Walid et moi, nous avons commis ces “crimes”-là également pour sauver Loujain. Notre destin serait donc le même », confie Lina al-Hathloul.

Le risque est d’autant plus grand que la répression féroce s’abat aussi hors des frontières. L’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, avec dépeçage de son corps dans un consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie, pour avoir été critique du régime, en est l’un des plus terribles emblèmes.

Fin février, Ahmed Abdullah al-Harbi, 24 ans, un jeune dissident du régime, installé à Montréal au Canada, a disparu. Il est réapparu 12 jours plus tard dans son pays natal… Et les exilés saoudiens craignent le pire car le jeune homme était impliqué dans plusieurs projets militants. Une question taraude : a-t-il dû se mettre à table pour sauver sa peau et celle de ses proches ou était-il au service du régime ?

Lina al-Hathloul appelle les médias occidentaux à cesser de célébrer MBS comme un modernisateur progressiste parce qu’il a ouvert aux femmes la porte des stades de football et des concerts de musique, ou qu’il les a finalement autorisées à conduire dans l’un des pays qui limitent les droits des femmes le plus au monde. « Aucun de ces changements ne change la condition réelle de la femme. L’homme continue d’avoir un droit de veto sur toutes les nouvelles libertés octroyées. »

Lina al-Hathloul enjoint aussi aux États occidentaux d’en finir avec la tolérance envers un régime qui enfreint les droits humains et dont le rôle dans la région, comme au Yémen, est plus que problématique. Elle vise notamment la France, où MBS s’offre les services des plus grandes sociétés françaises de relations publiques pour redorer son blason à coups de millions. L’Arabie saoudite est pour la période 2010-2019 le troisième client de la France en matière de ventes d’armes…

Vous avez posté le 10 février sur les réseaux sociaux une capture d’écran de vous et votre sœur Loujain en pleines retrouvailles virtuelles car vous demeurez séparées géographiquement. Ce doit être un sacré ascenseur émotionnel que de retrouver sa sœur après tant d’années de séparation et de douleur ?

Lina al-Hathloul : C’était effectivement un sentiment de soulagement que je n’avais jamais vécu auparavant. Je me suis sentie beaucoup plus légère d’un coup. Lorsqu’elle m’a appelé en visio, je n’y croyais pas les premières secondes, il m’a fallu un petit moment pour comprendre que ce qui m’arrivait était réel, et que je pouvais enfin parler à ma sœur.

Après quelques minutes d’appel, mes sentiments ont changé, et j’ai compris que cette émotion n’allait pas durer, j’ai été prise par un sentiment d’angoisse à l’idée de savoir que l’affaire n’était pas close, et que Loujain pouvait être remise en prison à n’importe quel moment.

Quels ont été les premiers mots, les premières envies de Loujain ? 

Les premières minutes ont été sans mots, on a littéralement eu un fou rire de quelques minutes, sans pouvoir même parler. Ensuite, les questions basiques : « Comment tu vas ? Tu te sens comment ? » Loujain répondait positivement, en disant qu’elle allait bien, qu’elle ne voulait rien de plus qu’être entourée de sa famille. Après une petite discussion, on a réinsisté avec Loujain, pour savoir si elle allait réellement bien, en lui rappelant que lors de ses premiers appels, lorsqu’elle était dans la prison secrète, le centre de torture, elle nous disait qu’elle allait bien au téléphone.

Elle nous a ensuite dit qu’à ce moment, lors de ses mois dans la prison secrète, l’appareil d’électrocution était collé à son oreille et était prêt à être déclenché si elle osait parler de ses conditions de détention et de la torture. Après quelques détails, elle a ensuite voulu sortir marcher et respirer l’air de notre rue, et aller acheter une glace. Les jours suivants, elle m’appelait en visio pour me montrer sa main sur la poignée de porte, en me disant : « Regarde, je contrôle mes entrées et sorties. C’est quand même un sentiment incroyable. »

Les conditions de détention sont très dures en Arabie saoudite. Loujain aura passé près de trois ans en détention, dont plusieurs mois au secret. Elle a été torturée, victime de violences sexuelles, marquée à jamais dans sa chair. Elle a aussi conduit des grèves de la faim en signe de protestation, qu’elle a dû stopper car, en représailles, elle était privée de sommeil, c’est-à-dire torturée. Est-ce que Loujain vous a détaillé tous les sévices endurés ?

Oui, Loujain nous les a tous décrits. Malheureusement, elle ne peut pas en parler publiquement car l’une des conditions de sa libération conditionnelle est de ne pas parler des conditions de détention et de tout ce qu’elle a vécu pendant sa détention.  

Comment va-t-elle aujourd’hui physiquement, moralement ? 

Physiquement, Loujain a perdu beaucoup de poids, cela étant dû à ses deux grèves de la faim. Mais elle va beaucoup mieux maintenant. Moralement, Loujain est une femme forte et résiliente. Elle ne parle pas souvent de ses angoisses, de ses peurs. On peut voir qu’elle n’abandonne pas son combat et continue à faire appel des décisions judiciaires, continue à demander une vraie investigation de la torture qu’elle a subie.

Mais il est vrai qu’avec tout ce qu’elle a vécu, et le harcèlement qui continue, elle est épuisée psychologiquement. Je pense que personne ayant vécu tout ce qu’elle a subi ne pourrait en sortir sans séquelles. Le but du régime saoudien est de la briser, encore aujourd’hui. Le dernier exemple est la tentative de piratage de son compte Gmail : « government-backed attempt of stealing your password » (« tentative soutenue par le gouvernement de voler votre mot de passe »).

Depuis sa libération, on n’a pas entendu la voix de Loujain. Elle est dehors mais toujours bâillonnée ? 

Oui, il y a des conditions imposées par deux parties : les conditions imposées par le juge et les conditions imposées par la « State Security », la police secrète de MBS. Dans le jugement officiel, la condition est de ne plus commettre à nouveau les « crimes » dont elle est accusée : son activisme y compris, donc, contacter des journalistes. Quant aux conditions imposées par la State Security, c’est de ne pas parler des conditions de détention et de ne pas célébrer sa libération publiquement.

Et vous, en nous parlant, en parlant aux médias du monde entier, en décrivant la machine répressive, vous prenez des risques ? Vous avez peur ? Est-ce que cela peut nuire à ceux qui demeurent sur place, à votre sœur, vos parents, tous vos proches ? 

Bien sûr que je prends des risques. Nous avons vu ces dernières années que la répression du régime s’étend en dehors du pays, et qu’ils sont prêts à beaucoup pour réduire au silence tous ceux qui exposent leurs crimes. Je n’ai pas peur, car j’ai décidé de ne plus avoir peur. La peur est ce qui a fait qu’on est restés silencieux pendant les premiers mois, ce qui a permis au régime de torturer ma sœur. Ma sœur aurait pu mourir à cause de notre silence.

Évidemment que tout ce que je dis, tout ce que je fais est un risque potentiel pour ma sœur, mes parents et ma famille en Arabie saoudite, étant donné qu’ils sont interdits de sortir du territoire. J’essaye constamment de peser mes mots, de faire la balance entre ce qui peut aider ou nuire. Ce n’est pas toujours facile, mais il y a une chose dont je suis certaine : rien n’est pire que le silence. Le silence est interprété comme un feu vert pour leurs crimes.

Loujain al-Hathloul à sa sortie de prison. © dr

Comment, dans de telles conditions, Loujain envisage-t-elle le présent mais aussi l’avenir ? Arrive-t-elle à se projeter ? Songe-t-elle d’exil ?Loujain a directement essayé de replonger dans la vie normale. Elle a passé son permis. Elle a postulé pour un travail en tant que chercheuse en sociologie. Elle veut recommencer ses activités préférées : l’équitation et le tennis. Je ne pense pas que Loujain rêve d’exil, mais elle rêve de pouvoir se déplacer librement et déménager quand et si elle le veut. C’est la restriction de sa liberté de se déplacer qui est problématique, pas le fait qu’elle soit en Arabie saoudite.

Loujain n’est pas la seule à être interdite de voyager. C’est toute votre famille qui l’est depuis 2018, à l’image de vos parents, qui ne sont accusés d’aucun crime. Votre sœur Alia, qui vit également en Belgique, a tweeté récemment sa tristesse et sa colère d’être séparée d’eux. Ces interdictions de voyager sont en Arabie saoudite une épée de damoclès qui peut évoluer vers la détention ou la disparition. Comment vit-on avec ces menaces au-dessus de la tête ? 

C’est extrêmement difficile à vivre. C’est une angoisse permanente, d’autant plus que le modus operandi de la State security est de mettre les personnes en interdiction de sortir du territoire – ce qui est illégal, n’est basé sur aucun texte de loi et pas prononcé par un juge – pour ensuite les emprisonner.

Cela a été le cas de quasiment tous les prisonniers d’opinion et les familles qui ont osé parler publiquement du cas. Le monde entier sait que ma famille a été le soutien premier de Loujain, et que malgré cette menace permanente, ils n’ont pas cessé de la soutenir, de faire passer le mot, de crier leur rage quand ils l’ont vue après la torture la première fois.

Mes parents étaient présents lorsque les autorités sont entrées de force à la maison, qu’elles ont pris Loujain sans dire un mot, et qu’elles ont ensuite fait disparaître leur fille pendant trois semaines. Alors évidemment qu’ils ont peur, qu’ils ne se sentent plus en sécurité dans leur propre maison, mais il faut continuer de vivre. Et maintenant, ils ont au moins la joie de pouvoir voir Loujain tous les matins.

Vous vivez hors du pays comme votre sœur Alia, ou votre frère Walid, qui en Belgique, qui au Canada. Retourner dans votre pays serait prendre le risque de ne plus en sortir et d’être emprisonnée ? 

Oui. C’est un risque de ne plus pouvoir en sortir, étant donné que tout le reste de la famille est en interdiction de sortir du territoire. Rien n’est fait de façon légale, donc même si c’est le cas, je ne le saurai qu’une fois à la frontière saoudienne. La prison est évidemment un risque également. Lorsqu’on voit les charges retenues contre Loujain, « être en contact avec des ONG telles que Amnesty et des journalistes occidentaux », ma sœur Alia, mon frère Walid et moi, nous avons commis ces « crimes »-là également pour sauver Loujain. Notre destin serait donc le même.

En mai 2015, Loujain a été arrêtée avec plusieurs activistes féministes quelques semaines avant l’abolition de la loi interdisant aux femmes saoudiennes de conduire une automobile. Depuis des mois, elle combattait cette loi rétrograde, en postant des vidéos d’elle bravant l’interdiction au volant de sa voiture. Elle a été jetée en prison pour, je cite, « diverses activités prohibées par la loi antiterroriste ». Son engagement en faveur des droits humains et des droits des femmes relève du terrorisme pour l’État saoudien ? 

Le tribunal antiterroriste est tristement célèbre pour juger les personnes qui dérangent le régime. La loi antiterroriste est tellement large que tout peut être considéré comme du terrorisme. Dans les charges de Loujain, il est mentionné qu’elle a été en contact avec les diplomates européens, anglais et néerlandais. L’Arabie saoudite considère donc ces entités, qui sont censées être des alliées, comme des entités terroristes. D’autre charges mentionnent le fait que Loujain « participe à des conférences internationales pour parler de la condition de la femme saoudienne ».

Les charges de Loujain sont toutes liées à son activisme : avoir défendu les droits des femmes, avoir participé à des conférences internationales, avoir postulé pour un job aux Nations unies, être en contact avec des journalistes et des ONG. Nous avons publié les charges en anglais et en arabe sur notre site officiel : www.loujainalhathloul.org.

L’Arabie saoudite admet donc, peut-être pour la première fois si ouvertement, qu’elle considère l’activisme comme une forme de terrorisme. L’Arabie saoudite, sous MBS, est un état policier, et toute forme d’expression d’opinion sera considérée comme du terrorisme, pour pouvoir réduire le peuple au silence.

Il faut parler d’une dictature ? 

Cela me brise le cœur de prononcer le mot, mais oui, sous MBS, l’Arabie saoudite est une dictature.

Être féministe aujourd’hui en Arabie saoudite, c’est donc courir de grands dangers, dont celui de finir en prison ? 

Être féministe est un danger, oui. Mais cela depuis longtemps en Arabie saoudite. Aujourd’hui, la nouveauté en Arabie saoudite est qu’avoir une opinion et l’exprimer, peu importe laquelle, vous mènera en prison.

Qu’est-ce qui fait peur à la monarchie saoudienne pour entraver ainsi l’émancipation des femmes ? 

Toute forme de liberté est considérée comme un danger pour MBS. MBS n’a pas de légitimité, ni au sein de la famille royale, ni au sein de la société. Il considère donc que toute forme de liberté pourrait entraver son chemin vers le trône. Il considère toute opinion comme une forme de dissidence à son encontre et la réprime donc. Le féminisme est le mouvement le plus « bruyant » en Arabie saoudite ces dernières années, et il est donc le plus réprimé.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane dépense des millions pour redorer son image et celle du royaume à l’international. Il passe ainsi pour un grand réformateur progressiste comme lorsqu’il a ouvert aux femmes la porte des stades de football et des concerts de musique, ou lorsqu’il les a autorisées à conduire. Nombre d’observateurs présentent ces avancées comme une « révolution » dans l’un des pays qui limitent le plus au monde les droits de femmes, notamment en matière de divorce, d’héritage, d’accès à la justice ou encore de liberté de mouvement. Où en sont les droits des femmes aujourd’hui en Arabie saoudite ? Est-ce que la cause avance vraiment ? 

Depuis MBS, on entend souvent, dans les médias occidentaux surtout, qu’il y a une avancée des droits des femmes en Arabie saoudite, que MBS est un réformateur et qu’il a, « malgré quelques erreurs », fait bouger les lignes. De quelles réformes parle-t-on ? 

Tout d’abord le droit de conduire. MBS a octroyé le droit de conduire aux femmes, mais il ne faut pas oublier que c’est un combat qui dure depuis des années, que des dizaines de femmes en ont payé le prix depuis 1993 et que, sans la demande constante et l’activisme des femmes et hommes pour ce droit, MBS n’aurait pas pu imposer ce changement.

Ensuite, on parle souvent du droit de voyager seule, sans le consentement préalable du tuteur. C’est vrai, mais le problème persiste du fait que le système de tutelle imposé aux femmes – c’est-à-dire être considérées comme mineures jusqu’à la fin de leur vie, et devoir avoir le consentement de leur père, mari ou fils, pour toute décision importante – persiste.

C’est-à-dire qu’aujourd’hui une femme peut voyager sans l’accord préalable d’un homme. Mais si le tuteur considère que voyager seule est une forme de « désobéissance », il peut appeler la police et porter plainte sur base de la loi de « désobéissance ». La femme sera alors arrêtée et emprisonnée dans ce qu’on appelleun  « care home », qui, dans les faits, est une prison, et ne pourra en sortir qu’avec l’accord de son tuteur !

C’est un exemple parmi d’autres… l’idée est qu’il y a des changements, mais qui ne changent pas la condition réelle de la femme. L’homme a un droit de veto sur toutes les nouvelles libertés octroyées.

Comment continuer à lutter pour les droits des femmes sans finir dans les geôles de la monarchie ? 

Aujourd’hui, il est impossible de lutter ouvertement pour les droits des femmes en Arabie saoudite. Twitter est la seule plateforme – et depuis peu Club House – où les saoudiennes s’expriment et demandent leurs droits les plus fondamentaux. Elles le font d’ailleurs avec des pseudonymes, par peur des représailles. On voit que le régime saoudien tente de les museler même sur cette plateforme, en utilisant des comptes pro-gouvernement pour les insulter, les intimider et créer des mots-dièse qui font tomber les mots-dièse féministes dominants.