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par Juline Lambert-Gingras, correspondante
C’est dans une salle remplie du Pavillon Adrien-Pinard de l’UQAM que fut lancé la Mosaïque des résistances, mercredi dernier, le 3 juin. Il s’agit d’une alliance de divers organismes pour faire front contre la montée du fascisme et de l’extrême droite. Pour l’occasion, un panel a eu lieu, mettant en vedette des personnes militantes de divers horizons.
Malheureusement, l’absence de Naomi Klein, journaliste et réalisatrice canadienne altermondialiste, ainsi qu’autrice d’ouvrages à succès, dont le nom figurait en tête d’affiche, n’a pu se joindre à la discussion en virtuel comme prévu, au grand dam du comité organisateur et de l’auditoire. Néanmoins, le panel est demeuré riche et instructif.
Faire front contre le fascisme et l’extrême droite
La Mosaïque des résistances propose de s’organiser devant le besoin impératif d’agir et de s’allier dans la résistance à l’extrême droite. Elle veut faire barrage au monde conservateur que le fascisme veut établir, tout en redonnant de l’espoir. La notion de coalition est centrale, non seulement pour la force du nombre, mais aussi parce que la fascisation commence généralement avec la réduction des droits et libertés des minorités.

L’engagement social des panélistes leur conférait un point de vue unique et intéressant sur le thème de la soirée. C’est Bill Fletcher qui a ouvert le bal. Militant états-unien de longue date dans le milieu syndical, il est aujourd’hui chercheur, auteur et chroniqueur. Son discours portait essentiellement sur l’importance d’agir et de s’unir, un message en forte résonance avec la Mosaïque des résistances. Selon M. Fletcher, on ne peut pas se permettre une défaite contre le fascisme, même si elle reste possible. Pour être le plus efficace possible dans cette lutte, mettre nos différends de côté est primordial : il faut offrir un mur uni en opposition à l’extrême droite, une action qui est à portée de main.
Aparna Sundar lui a ensuite succédé. Militante et chercheuse spécialisée sur l’Asie du Sud, ses propos étaient centrés sur la montée du fascisme en Inde avec le gouvernement actuel de Narendra Modi, ainsi que de ses répercussions au Canada et dans le monde. Elle profitait de l’événement pour sensibiliser sur la situation actuelle du pays le plus peuplé au monde, tout comme elle le fait dans son travail au quotidien. Elle a rappelé les dangers de l’ingérence étrangère et du lobbyisme.
Puis, Kathleen Cole, professeure de science politique et autrice états-unienne, s’est attardée sur son implication contre la violence étatique à Minneapolis, qui a régulièrement fait les manchettes ces derniers mois. Elle est revenue sur les actions militantes entreprises par la communauté de Minneapolis, ainsi que leur succès. Toutefois, elle a aussi profité de l’occasion pour parler de ce qui n’a pas fonctionné. Faisant écho au premier panéliste, elle a souligné la capacité à agir collectivement pour lutter contre un ennemi commun, mais l’incapacité de maintenir cette solidarité et de prendre le pouvoir une fois l’objectif atteint.
Le panel s’est conclu avec Julie Robillard, militante québécoise dans le milieu communautaire. Elle a rappelé que l’extrême droite ne se limitait pas au sud de notre frontière : en ce moment même, des projets de loi, dont certains finissent par être adoptés, réduisent nos droits et notre filet social, tout en restreignant nos recours à la contestation. Elle est également revenue sur la définition du fascisme, un rappel bienvenu, qui demeure abstraite pour un grand nombre de personnes. Étant coordonnatrice au sein du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ), elle a mentionné des repères qui servent à identifier et démystifier l’extrême droite, dans des documents mis à la disposition du public, à retrouver sur le site web du MÉPACQ.
Qui est derrière la Mosaïque des résistances ?
La Mosaïque des résistances se veut être une alliance de divers organismes formant un front uni contre la montée du fascisme dans le monde. Elle s’organise devant le besoin impératif d’agir et de s’allier dans la résistance à l’extrême droite. Elle veut faire barrage au monde conservateur que le fascisme veut établir, tout en redonnant de l’espoir. La notion de coalition est centrale, non seulement pour la force du nombre, mais aussi parce que la fascisation commence généralement avec la réduction des droits et libertés des minorités.
Liste des organisations qui appuient la déclaration
Centre de formation populaire ; Montérégie Antifasciste ; Parti de la rue ; Les Maisons de l’Ancre ; Mères au front Rouyn-Noranda ; Table de concertation des groupes féministes du Bas-Saint-Laurent ; Centre Entre-Femmes ; ANPI — Association nationale des partisans d’Italie. Section de Montréal ; L’R des centres de femmes du Québec ; Ligue des droits et libertés — Section de Québec ; Revue À bâbord ! ; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux ; Palestinian Youth Movement — Montreal ; Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) ; La Maison des Femmes des Bois-Francs ; Co-Savoir ; Fédération des femmes du Québec ; Distributions l’Escalier ; Centre Arc-en-ci-elle ; Uniphare ; Collectif d’analyse politique / Nouveaux Cahiers du socialisme ; Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec ; Montreal for a World BEYOND War ; La Collective centre de femmes de Nicolet-Yamaska ; Carrefour de participation, ressourcement et formation (CPRF) ; Mères au front ; Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) ; Conseil central du Montréal métropolitain — CSN ; Polémos Décroissance ; RIPAJ ; Vigilance OGM ; Comité pour les droits humains en Amérique Latine (CDHAL) ; ROHMI ; Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep Montmorency ; Au bas de l’échelle ; Club Ami ; Réseau international pour l’innovation sociale et écologique ; Coalition Mobilisations Citoyennes Environnementales de Laval (CMCEL) ; Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes ; Ligue des droits et libertés ; Réseau des groupes de femmes Chaudière-Appalaches (RGFCA) ; Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) ; Centre des travailleurs et travailleuses immigrants ; Conseil central du Montréal métropolitain — CSN ; Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles ; Journal d’Alter ; Collectif de lutte contre l’islamophobie ; Pôle francophone, Voix juives indépendantes ; Écologie populaire ; Alternatives ; Observatoire pour la justice migrante.
Pour en savoir plus
- Pour les plus curieux et curieuses, la soirée a été enregistrée et elle peut être retrouvée ici.
- On peut aussi prendre connaissance des organismes qui appuient l’Appel à la convergence à la fin de la publication dans le journal Le Devoir en cliquant ici.
- Pour en savoir plus sur le réseau et signer l’appel individuellement ou au nom d’une organisation, on peut le faire sur le site d’Alternatives, qui est l’une des organisations à l’initiative du mouvement, ou bien à partir de ce lien.









