Communiqué de Seen égal-e Seen égalité
Seen égal-e Seen égalité, une plateforme progressiste panafricaine, souligne les 66 ans d’indépendance en publiant un communiqué qui fait écho aux enjeux des tensions au sein du pouvoir au Sénégal. Nous publions le communiqué qu’il a publié le 4 avril dernier. La Rédaction.
Nous nous sommes abstenu-es d’intervenir et d’interférer durant ces deux années, par souci patriotique, par respect du verdict électoral et par empathie pour la situation complexe que devait relever la frange de gauche au sein du nouveau régime.
Le Sénégal traverse une période tendue, tumultueuse, mais aussi exaltante. L’épuisement du mode néocolonial de croissance a permis dans toute la sous-région une recomposition des strates politiques. À l’instar de l’épisode du Sopi avec de grandes turbulences et de vagues, tant de violences que d’espoir, une alternance démocratique a de nouveau eu lieu au Sénégal, sous la houlette du PASTEF et de ses alliés.
Dans un retournement spectaculaire, des leaders encore emprisonnés quelques jours auparavant sont désormais à la tête d’un projet qualifié de souverainiste et panafricain Jub, Jubbal Jubanti, un slogan emprunté à Taxaw Temm sans reconnaissance officielle. Ce régime a été incarné personnellement d’abord par Ousmane Sonko, leader charismatique du Pastef et ensuite par « Diomaye moy Sonko » une coalition qui a porté le Président Diomaye Faye à la tête de l’exécutif.
Malgré une grande marge de manœuvre issue des élections législatives et de deux gouvernements taillés sur mesure de son ambition, le régime semble piégé par l’ossature constitutionnelle. Elle ne s’accommode pas d’un pouvoir bicéphale et des contradictions, au sein du noyau dirigeant et ensuite du parti, qui s’est ravivé au seuil de la zizanie. Le régime entend procéder à des réformes constitutionnelles, et le parti connaîtra d’ici un trimestre son congrès, ce qui aurait le mérite de faire enfin connaître son idéologie et sa ligne doctrinale.
Ces turbulences n’ont pas empêché le fonctionnement des affaires courantes et qu’une certaine gestion de l’enlisement maintienne le pays à flot. La vision Sénégal 2050 et une stratégie nationale de développement assortie d’un New Deal technologique ont été amorcées. À son crédit, une maîtrise relative de l’inflation avec une baisse de prix de certaines denrées, l’adoption des budgets, des politiques publiques, une fermeté dans la négociation avec le FMI et les agences de notations, une diversification des sources de financement internes comme extérieures, le gel et un début de négociation relativement plus transparente des accords de pêche, du secteur extractif, notamment du pétrole et du gaz.
Mais les retombées de ces premières mesures se font attendre et comme l’illustre la situation dans le monde paysan, étudiant, ou syndical, l’atteinte aux droits humains et les escarmouches en Casamance, des rapports sociaux commencent à être tendus. La situation économique est en effet morose suite à un audit arguant que le régime précédent a cumulé autour de 7 milliards de dollars de dette non rapportée, ce qui a aggravé les 40 milliards existants, totalisant 130 % de notre PIB.
Cette situation qui aurait échappé au FMI, pourtant responsable comme argentier, a occasionné un froid avec cette institution, un repli des marchés financiers et des investissements et une rétrogradation de notre statut par des agences de notations. Le gouvernement a dû, pour faire face à ces manques de liquidités, adopter un plan de redressement PRES, sans consultation visible de l’Assemblée nationale et recourir, à l’insu de ses habituels créanciers et de façon relativement opaque, à des fonds SWAPS, en gageant des obligations d’État et en acceptant des conditionnalités draconiennes.
Seen Égal- e Seen égalité rappelle que son projet de société demeure un horizon révolutionnaire et panafricain et enjoint de nouveau les forces progressistes à le consulter en cliquant ici. Il demande aux autorités de se ressaisir et de mettre en œuvre une série minimale de mesures:
- Une commission d’enquête indépendante sur les crimes de sang et les crimes économiques pour la fin de l’impunité et la réduction de la polarisation du champ politique;
- Un arrêt des querelles de positionnement électoralistes et des places, en privilégiant les intérêts du peuple souverain au-dessus des égos et enjeux cryptopersonnels;
- Un apaisement des tensions sociales en évitant de prétendre déconstruire la culture existante;
- La justice sociale.
Le 4 avril 2026









